Les "Amis de la Syrie" vont renforcer l'aide militaire à la rébellion

22/06/13 à 18:29 - Mise à jour à 18:29

Source: Le Vif

Les onze pays soutenant l'opposition syrienne, dont les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ont annoncé qu'ils allaient intensifier leur aide à la rébellion, en matériel et en équipements, mais tous ne sont pas d'accord sur les méthodes.

Les "Amis de la Syrie" vont renforcer l'aide militaire à la rébellion

© Reuters

Les principaux pays soutenant l'opposition syrienne ont décidé samedi d'intensifier leur aide à la rébellion pour renverser l'équilibre sur le terrain en sa faveur avant la tenue d'une conférence de paix à Genève, sans parvenir à un consensus sur la fourniture d'armes. Réunis à Doha, les onze pays amis de la Syrie, dont les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ont annoncé avoir décidé "une aide urgente en matériel et en équipements" à la rébellion afin de lui permettre de faire face aux "attaques brutales du régime".

Ils indiquent dans un communiqué à l'issue de leur réunion, que "toute aide militaire sera canalisée" par le Haut conseil militaire syrien relevant de l'Armée syrienne libre (ASL), principale faction de l'opposition armée.

Isoler l'Iran et le Hezbollah

Les Amis de la Syrie ont néanmoins "exigé" dans leur résolution finale que l'Iran et le Hezbollah libanais "cessent d'intervenir dans le conflit" syrien, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, affirmant être contre "l'internationalisation du conflit".

Le chef de la diplomatie du Qatar, soutenant activement l'opposition, cheikh Hamad ben Jassem Al Thani, a en outre affirmé que les participants à la réunion avaient pris "des décisions secrètes" pour renverser l'équilibre sur le terrain. Cheikh Hamad a indiqué que neuf des pays participants étaient d'accord sur l'apport d'aide militaire à l'ASL, ne précisant pas quels étaient les deux Etats réservés sur la question.

"Chacun son approche"

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague avait déclaré aux journalistes avant l'ouverture de la réunion que son pays n'avait "pas pris la décision" d'armer la rébellion syrienne.
Les Amis de la Syrie vont "chacun à sa façon, chacun choisissant son approche, augmenter la portée et l'ampleur de leur assistance à l'opposition politique et militaire", a déclaré le secrétaire d'Etat américan John Kerry, sans préciser si son pays allait apporter une assistance militaire à la rébellion.

Mais il a estimé que les rebelles avaient besoin d'un soutien accru "afin de se rendre à Genève" et de pouvoir renverser "le déséquilibre sur le terrain", où le régime a récemment enregistré des progrès. Il a souligné que son pays continuait d'appuyer une solution pacifique et la tenue de la conférence internationale Genève 2 visant à trouver une solution politique au conflit qui a fait en plus de deux ans quelque 93.000 morts selon l'ONU.
Les Etats-Unis soutiennent "la mise en place d'un gouvernement de transition" prévue par l'accord de Genève "qui serait choisi par consentement mutuel par le régime d'Assad et l'opposition", a-t-il dit.

Les rebelles attendent des armes

De son côté, cheikh Hamad a estimé qu'un règlement politique "ne peut être réalisé qu'en établissant un équilibre sur le terrain pour que le régime accepte de négocier".

La rébellion syrienne avait indiqué fonder beaucoup d'espoirs sur cette réunion. Une source diplomatique occidentale a indiqué de son côté que le chef d'état-major de l'ASL, le général Sélim Idriss, "a présenté une liste de demandes sur les armes". "Mais il ne faut pas attendre une annonce sur l'armement" à l'issue de la réunion, a estimé cette source.

Le porte-parole de l'ASL, Louaï Moqdad, avait indiqué vendredi à l'AFP que l'ASL avait reçu récemment de l'étranger des quantités d'armes "modernes" susceptibles de "changer le cours de la bataille". Il avait précisé qu'il s'agissait d'armes anti-aériennes et anti-chars, ainsi que de munitions.

La rébellion réclame des armes lourdes pour protéger les zones civiles de la puissance de feu du régime, qui tente actuellement de reconquérir des poches rebelles à Damas et Alep (nord), après avoir repris début juin avec l'aide du Hezbollah libanais la localité de Qousseir, bastion rebelle stratégique. Burhan Ghalioun, figure de l'opposition, a confirmé à l'AFP que l'ASL avait reçu "des armes sophistiquées", citant notamment "un système de défense anti-aérien".

Les pays occidentaux se montrent réticents à l'idée de fournir des armes aux rebelles, de crainte qu'elles ne tombent aux mains d'extrémistes. Laurent Fabius avait exclu jeudi que la France livre à la rébellion syrienne des armes qui pourraient "se retourner" contre elle. Il a en revanche annoncé samedi que la France avait envoyé des traitements anti gaz sarin "qui peuvent protéger un millier de personnes".

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