Les 100 jours de Hollande, président "normal" face à une crise hors normes

13/08/12 à 15:49 - Mise à jour à 15:49

Source: Le Vif

Cent jours après son élection, François Hollande a commencé à exécuter la liste de ses promesses électorales, mais le "président normal" doit encore convaincre les Français qu'il est l'homme de la situation face à la crise de la zone euro et au conflit en Syrie.

Les 100 jours de Hollande, président "normal" face à une crise hors normes

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"Les 100 jours de Hollande, normal ou pépère? ", s'interrogeait lundi le quotidien Libération (gauche), en relevant que "les Français peinent toujours à comprendre où François Hollande et son équipe les emmènent vraiment".

En moins de trois mois, M. Hollande a largement tourné la page de la présidence de Nicolas Sarkozy, qualifié par la gauche de "président des riches", en prenant à rebours certaines de ses réformes: l'impôt sur la fortune a été augmenté, les droits sur les grosses successions alourdis, la retraite à 60 ans rétablie pour les salariés ayant commencé à travailler avant 18 ans ...

Le salaire minimum et certaines prestations sociales ont été augmentés, les loyers ont été encadrés dans les villes où la spéculation immobilière flambe, les rémunérations des grands patrons des entreprises publiques ont été plafonnées.

Mais un sondage publié samedi par Le Figaro (droite) a jeté un froid: 54% des sondés sont insatisfaits de l'action du président socialiste élu le 6 mai et entré en fonction le 15 mai, même si 57% lui savent gré de tenir ses engagements de campagne.

Pour l'avenir, 40% seulement des Français font confiance à François Hollande et au gouvernement pour trouver des solutions à la crise de la zone euro. Scepticisme encore plus fort sur le rétablissement des finances publiques, la lutte contre le chômage, la désindustrialisation, l'immigration clandestine ou l'insécurité.

En vacances depuis le début du mois au fort de Brégançon, une propriété de l'Etat réservée aux présidents sur la Côte d'Azur, M. Hollande, qui a fêté dimanche ses 58 ans, s'est efforcé de montrer qu'il restait mobilisé.

Samedi, il s'est rendu à Grenoble pour présider l'hommage rendu au 88e soldat français tué en Afghanistan et faire une visite impromptue à l'hôpital où étaient soignées les victimes d'un braquage ultra-violent.

A son retour à Paris, le 21 août au plus tard, de nombreux dossiers attendent son arbitrage et celui de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, comme celui concernant les contours de la tranche d'impôt à 75% sur les très hauts revenus, proposition marquante de sa campagne.

Les deux hommes devront aussi convaincre la majorité parlementaire de ratifier le traité de stabilité budgétaire européen, comme ils s'y sont engagés auprès de ses partenaires européens, malgré l'opposition des communistes et des réticences jusque sur les bancs des élus socialistes.

Le gros morceau de la rentrée sera le bouclage du budget 2013, alors que la situation économique ne cesse de se dégrader: chômage de près de 10%, kyrielle de plans sociaux, et une entrée en récession annoncée pour l'automne par la Banque de France.

Mais c'est par dessus tout sur sa politique étrangère que l'opposition de droite fait porter ses principales attaques.

Trois mois seulement après sa défaite, Nicolas Sarkozy a cessé sa cure de silence mardi, pour mettre en cause implicitement l'attitude de François Hollande face à la crise syrienne.

M. Sarkozy, qui avait été en pointe dans le conflit libyen, a fait savoir qu'il avait eu un entretien téléphonique avec le président du Conseil national syrien (principal organe de l'opposition) Abdel Basset Sayda, et qu'ils jugeaient tous deux nécessaire "une action rapide de la communauté internationale pour éviter des massacres".

François Hollande a répondu en filigrane samedi, évoquant la "recherche obstinée" d'une solution politique en Syrie, alors que son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius entame mercredi une tournée en Jordanie, au Liban et en Turquie.

Mais l'ancien Premier ministre François Fillon est revenu à la charge lundi, l'accusant de manquer de courage et l'exhortant à prendre l'avion pour convaincre le président russe Vladimir Poutine de faire plier Bachar Al-Assad.

Le Vif.be, avec Belga

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