Le tueur d'Orlando, un "loup solitaire" au passé complexe

14/06/16 à 12:04 - Mise à jour à 12:03

Source: Afp

La piste du "loup solitaire" inspiré par des thèses jihadistes restait privilégiée mardi par les autorités américaines pour expliquer les motivations de l'auteur du carnage d'Orlando (Floride) dont le passé, scruté à la loupe, recèle des zones d'ombre.

Le tueur d'Orlando, un "loup solitaire" au passé complexe

© Reuters

Lundi, la thèse de l'éventuelle homosexualité d'Omar Seddique Mateen a émergé dans plusieurs journaux américains et va vraisemblablement compliquer la compréhension des ressorts psychologiques qui ont poussé à l'acte ce père de famille de 29 ans.

Barack Obama se rendra jeudi à Orlando pour rendre hommage aux familles des victimes de la pire fusillade qu'aient connue les Etats-Unis.

Le FBI comme le président américain sont de plus en plus convaincus que ce musulman pratiquant, un Américain d'origine afghane, a été "radicalisé" en partie sur l'internet et qu'il s'agit d'un loup solitaire inspiré par diverses organisations terroristes sans pour autant avoir été "dirigé" par celles-ci.

"Il semble que le tireur ait été inspiré par diverses sources d'informations extrémistes sur l'internet", a déclaré M. Obama après une réunion dans le Bureau ovale avec notamment le directeur du FBI James Comey et le ministre de la Sécurité intérieure Jeh Johnson.

L'assaillant, employé dans une société de sécurité, a attaqué le Pulse dimanche vers 02H00 (06H00 GMT) avec un fusil d'assaut et une arme de poing.

Après avoir abattu plusieurs personnes, ce musulman pratiquant s'est retranché dans les toilettes et a appelé les services d'urgence pour revendiquer son "allégeance" au groupe Etat islamique (EI) avant que les policiers ne donnent l'assaut.

Ce n'est que lundi que l'EI a revendiqué sur sa radio ce massacre qui a fait 49 morts et 53 blessés.

Il n'existe pas, à ce stade, de "preuves claires" laissant penser qu'il "était dirigé depuis l'extérieur" ou "qu'il faisait partie d'un complot plus vaste", a expliqué le président des Etats-Unis.

"Il a annoncé son allégeance à l'EI à la dernière minute mais il n'existe pas de preuve à ce stade qu'il ait été dirigé par eux", a-t-il martelé.

Un habitué du Pulse

Lundi, plusieurs médias évoquaient la piste de l'homosexualité cachée du tueur. Le quotidien Orlando Sentinel a cité plusieurs témoins qui assurent que le jeune homme était un habitué de la discothèque. Il s'y serait même fait remarquer à plusieurs reprises par son agressivité, liée à une consommation excessive d'alcool.

Parallèlement, un client régulier de Pulse a assuré au Los Angeles Times que le tueur utilisait le réseau social gay Jack'd.

Autre témoignage troublant, celui d'un ancien élève de sa promotion à l'académie de police d'Indian River Community College, où il a étudié en 2006, qui a assuré au quotidien Palm Beach Post qu'Omar Mateen lui avait fait des avances.

Sa famille, qui lui reconnaît bien des travers, jure que son acte n'était en rien lié à la religion, y voyant plutôt des motifs homophobes. Son père a ainsi raconté combien son fils avait été choqué que deux hommes puissent s'embrasser dans la rue à Miami devant sa femme et son enfant.

Evoquant un passé marqué par les violences conjugales, sa première femme ne l'avait jamais entendu soutenir le terrorisme.

Omar Mateen avait été suivi par le FBI, qui l'avait interrogé à trois reprises, en 2013 et 2014, pour "d'éventuels liens avec des terroristes".

Mais ces enquêtes avaient été classées sans suite.

L'hypothèse d'une piste homosexuelle, si elle prenait de l'ampleur, pourrait dégager le FBI de la position difficle dans laquelle il se trouve, pour avoir observé la radicalisation d'Omar Mateen sans prévenir un passage à l'acte.

Elle ne change rien, en revanche, au débat sur le contrôle des armes à feu, que cet attentat à relancé.

"Si le FBI vous surveille pour liens terroristes présumés, vous ne devriez pas être en mesure d'acheter une arme à feu, un point c'est tout", s'est insurgée lundi la candidate démocrate à la Maison Blanche Hillary Clinton.

L'ONU a enjoint mardi les Etats-Unis à adopter des "mesures robustes de contrôle des armes pour empêcher d'autres meurtres".

"Le chemin entre des croyances nourries par la haine et des crimes haineux violents s'en trouve accéléré", a déclaré le haut-commissaire aux droits de l'hoomme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al Hussein.

Lorsque Barack Obama se rendra jeudi à Orlando, il trouvera une ville meurtrie, qui connaît depuis lundi soir, le nom des 49 morts, âgées de 18 à 50 ans, avec de nombreux noms à consonance hispanique.

La plus jeune, Akyra Murray, âgée de 18 ans, était à Orlando pour fêter son diplôme de fin d'études secondaires, obtenu la semaine précédente.

Lundi soir, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées devant le Phillips Center, la principale salle de spectacle d'Orlando.

Des dizaines de cérémonies ont eu lieu dans tout le pays, notamment à New York où ils étaient plusieurs milliers devant le Stonewall Inn, bar historique de la lutte pour les droits des homosexuels. Des marches et des veillées ont également été organisées aux Pays-Bas, en France, en Allemagne et en Australie.

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