Le prochain sommet du G7 à Bruxelles

24/03/14 à 20:10 - Mise à jour à 20:10

Source: Le Vif

Les pays du G7 ont prévenu lundi la Russie qu'ils étaient prêts à renforcer les sanctions en cas d'escalade en Ukraine, dans un communiqué commun diffusé à l'issue d'une réunion extraordinaire à La Haye. Ils ont aussi décidé de se réunir pour un sommet en juin à Bruxelles afin de remplacer celui du G8 à Sotchi, qu'ils ont annulé après le rattachement de la Crimée à la Russie.

Le prochain sommet du G7 à Bruxelles

© Reuters

Confirmant leur décision de ne pas se rendre au sommet du G8 prévu à Sotchi (Russie) en juin, ces pays ont mis en garde contre des "sanctions sectorielles coordonnées qui auront des conséquences de plus en plus importantes sur l'économie russe, si la Russie poursuit cette escalade", selon le communiqué publié après une réunion de crise sur le rattachement de la Crimée à la Russie.

"Il y a semble-t-il accord sur les secteurs les plus importants à considérer: l'énergie, la banque et la finance, l'armement...", a indiqué un haut responsable américain s'exprimant sous couvert de l'anonymat, au sujet des éventuelles sanctions. "Adopter de telles sanctions affecterait l'ensemble de l'économie, et chacun reconnait qu'il y a un coût à payer. Mais ce coût sera bien plus élevé pour les Russes, qui ont plus à perdre d'un isolement au niveau global", selon lui.

"Les voies diplomatiques pour calmer la situation restent ouvertes, et nous encourageons le gouvernement russe à les emprunter", a ajouté le G7, appelant Moscou à entamer des discussions avec l'Ukraine et "accepter les offres de médiation internationales". Le dirigeants du G7 ont décidé de suspendre leur participation au G8 "jusqu'à ce que la Russie change d'attitude et qu'un environnement propice à un dialogue constructif soit de retour". Ils ont en outre indiqué "rester fermes quant à leur soutien du peuple ukrainien, qui cherche à restaurer son unité, sa démocratie, sa stabilité politique et sa prospérité économique".

Le prochain sommet du G7 à Bruxelles

"L'Europe et les Etats-Unis sont unis pour soutenir le gouvernement ukrainien et les Ukrainiens, nous sommes unis pour faire payer un coût à la Russie pour les actions qu'elle a entreprises jusqu'ici", avait expliqué M. Obama lundi matin avant le G7. Le Premier ministre britannique David Cameron a ensuite déclaré "qu'il n'y aura pas de sommet du G8 cette année en Russie", où il devait se tenir en juin à Sotchi. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé lundi qu'une éviction de la Russie du G8 des grandes puissances après le rattachement de la Crimée ne serait "pas une grande tragédie".

"Si nos partenaires occidentaux pensent que ce format est dépassé, qu'il en soit ainsi", a déclaré le chef de la diplomatie russe lors d'une conférence de presse. "Nous ne nous accrochons pas à ce format et pour nous ce n'est pas une grande tragédie si (le G8) ne se réunit pas", a-t-il ajouté. La Russie avait été admise en 1998 dans ce qui était alors devenu le G8.

La Haye est transformée en forteresse

Autoroutes et routes fermées, aéroport sous très haute surveillance, barrages, policiers et militaires mobilisés en nombre: La Haye, siège de plusieurs organisations internationales, dont la Cour internationale de Justice et l'organisation pour l'interdiction des armes chimiques, s'est transformée en véritable forteresse pour accueillir, ces 24 et 25 mars, le troisième Sommet sur la sécurité nucléaire.

Initiative de Barack Obama visant avant tout à ce que le matériel nucléaire ne tombe pas entre de mauvaises mains, le sommet de La Haye devra consolider les acquis des sommets précédents (Washington en 2010 et Séoul en 2012) tout en traçant la voie à suivre dans les décennies à venir.

Y sont attendus plus de 50 chefs d'Etat et de gouvernement dont le président américain Barack Obama - qui poursuivra, après les Pays-Bas, sa tournée américaine en Belgique -, le président français François Hollande, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ou encore le président chinois Xi Jinping.

Quant à la Belgique, elle sera représentée par le Premier ministre Elio Di Rupo. Ce dernier est arrivé en train, lundi matin, à La Haye où il restera jusqu'au terme du Sommet mardi après-midi. Côté belge toujours, une réunion technique bilatérale avec des responsables saoudiens est prévue lundi soir. Ne s'agissant pas d'une rencontre politique, Elio Di Rupo n'y assistera pas.
"Ce sera une tâche difficile d'accorder tous les pays présents à ce Sommet", a de son côté déjà averti le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

D'autant que la crise ukrainienne risque de faire passer au second plan les discussions sur le nucléaire. Barack Obama a ainsi convoqué une réunion du G7 (Royaume-Uni, France, Canada, Allemagne, Italie, Japon et Etats-Unis) qui devrait conduire à l'adoption de sanctions contre la Russie après son intervention en Crimée. Une exclusion du G8, qu'elle préside actuellement est également évoquée.

Il n'en reste pas moins que la sécurité nucléaire sera bel et bien le thème central de ces 2 jours sous haute tension, afin que se poursuivent les progrès enregistrés en la matière depuis le début du processus en 2009. A l'époque, Barack Obama avait appelé la communauté internationale à réagir au plus vite contre "la menace la plus importante pour la sécurité internationale". L'année suivante, le premier sommet sur la sécurité nucléaire avait été organisé à Washington, suivi 2 ans plus tard, d'une deuxième mouture à Séoul.

Au cours de ces années, nombre d'Etats ont minimisé ou carrément éliminé leurs stocks d'uranium hautement enrichi; des dizaines de pays ont renforcé leur législation relative à la sécurité de leurs installations nucléaires et 10 centres d'excellence lié à la sécurité nucléaire ont été créés. Le Sommet de La Haye, lui, devrait être tourné vers l'avenir et indiquer les directions à prendre plutôt que d'édicter des règles précises alors qu'une dernière rencontre de ce type est prévue en 2016 aux Etats-Unis.

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