Le procès de Moubarak ajourné au 15 août

03/08/11 à 10:24 - Mise à jour à 10:24

Source: Le Vif

Le procès d'Hosni Moubarak s'est ouvert au Caire, ce mercredi matin. L'audience a été ajournée pour délibération au 15 août. Des accrochages ont lieu devant l'académie de police.

Le procès de Moubarak ajourné au 15 août

© Reuters

Les chefs d'accusations

Le procès d'Hosni Moubarak s'est ouvert ce mercredi dans la banlieue du Caire. Il comparaît pour des faits de corruption et le meurtre de manifestants. S'il est reconnu coupable de la répression meurtrière du soulèvement de janvier-février, il encourt la peine capitale. Il a plaidé non coupable ce mercredi matin: "Je nie complètement ces accusations", a déclaré l'ex-président égyptien. L'ancien "raïs", âgé de 83 ans, sera hospitalisé à l'école de police où se tient son procès. L'audience a été ajournée pour délibération au 15 août.

Mais Hosni Moubarak n'est pas seul dans le box des accusés. La mort de plus de 800 Egyptiens lors du soulèvement est imputée aux anciens symboles du régime, qui l'accompagnent dans la cage en métal. A ses côtés, son ministre de l'Intérieur Habib al-Adli, ses deux fils Alaa et Gamal (qui plaident aussi non coupable) et six hauts dignitaires sont accusés d'avoir donné l'ordre de tuer des manifestants.

L'atmosphère

Pâle, vêtu de blanc, Hosni Moubarak a parlé à ses fils Alaa et Gamal, aussi habillés en blanc, la couleur réglementaire des prévenus n'ayant pas encore été condamnés. Le procès est diffusé en direct à la télévision d'Etat, qui a gardé une place centrale dans l'Egypte post-Moubarak. L'image du jour: Hosni Moubarak sur cette civière, entourée d'une assistance médicale. L'image frappe beaucoup d'Egyptiens, les yeux rivés sur le box des accusés.

Le président du tribunal pénal du Caire, Ahmed Refaat, a demandé "un silence total" pendant l'audience, en menaçant d'expulser de la salle d'audience toute personne allant à l'encontre de ses instructions.

Une sécurité drastique a été mise en place dans cette académie de police, où s'effectue le procès... et qui porte le nom de l'ancien président. Des barbelés ont été placés devant le bâtiment. Une dizaine de bus de la police anti-émeutes en garde l'entrée. Et avant l'arrivée des accusés, plusieurs dizaines de partisans de l'ancien président se sont heurtés à ses opposants.

Une santé défectueuse?

Avant sa comparution devant le tribunal, allongé sur une civière, Moubarak n'était pas apparu en public depuis sa démission le 11 février; ni depuis sa résidence de Charm el-Cheikh, ni depuis l'hôpital de cette ville où il a été admis en avril à la suite d'un problème cardiaque. Sa santé, tabou pendant des années en Egypte, fait désormais l'objet de bulletins très réguliers.

Selon son avocat, il souffre d'un cancer de l'estomac, mais l'information n'a pas été officiellement confirmée. En juillet, Farid el-Dib a assuré qu'il était tombé dans un "coma complet". D'autres sources l'ont décrit comme dépressif ou incapable de marcher, mais sans donner plus de précisions. En mars 2010, il avait déjà été hospitalisé en Allemagne pour une ablation de la vésicule biliaire et le retrait d'un polype du duodénum.

Report du procès?

A peine deux heures après le début du procès, l'audience a déjà été suspendue. Mais elle a repris quelques minutes plus tard. Les rumeurs couraient toujours sur un possible report du procès, peu avant son ouverture, au regard de l'état de santé du président. Son avocat argumente dans ce sens et évoque un état de santé trop faible pour envisager un procès, qui s'annonce long. L'audience a été ajourné peu après midi, pour délibération.

Ce qu'en disent les Egyptiens

Mardi, de nombreux Egyptiens pariaient sur le report du procès d'Hosni Moubarak. Certains attendent "un procès équitable" et que justice soit faite. Toutefois, cet optimisme ne gagne pas Dina, une jeune étudiante d'Alexandrie, persuadée qu'encore une fois, les responsables ne seront pas jugées. Le procès et les images d'Hosni Moubarak dérangent tout de même une partie des Egyptiens, encore attachée à une image respectable du président.

Le Vif.be, avec L'Express.fr et Belga

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