Le Parlement européen demande l'activation immédiate de la procédure de sortie par Londres

28/06/16 à 13:07 - Mise à jour à 13:10

Source: Belga

Un débat particulièrement émotionnel s'est tenu, mardi matin, au Parlement européen réuni en session plénière extraordinaire à la suite de la victoire des partisans d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE lors du référendum du 23 juin. Les eurodéputés ont adopté - par 395 voix pour, 200 contre et 71 abstentions - une résolution non contraignante réclamant l'activation "immédiate" par Londres de la procédure de retrait de l'Union.

Le Parlement européen demande l'activation immédiate de la procédure de sortie par Londres

© Brexit

En début de session, le président du Parlement, Martin Schulz, a remercié l'ensemble des commissaires européens d'assister à cette plénière et rendu hommage au commissaire britannique Jonathan Hill, qui a présenté sa démission à la suite de la victoire du camp du "Leave" au référendum.

Avant que les chefs des différents groupes politiques ne s'expriment, le président de la Commission Jean-Claude Juncker a pour sa part une nouvelle fois appelé mardi le gouvernement britannique à clarifier aussi rapidement que possible sa position. "Nous ne pouvons pas nous installer dans un climat d'incertitude prolongée. (...) Expression il y a eu, conséquence il doit y avoir", a-t-il martelé.

M. Juncker a ensuite souligné qu'il respectait la démocratie britannique, même s'il regrettait le choix posé par les électeurs. "Il faut raison garder, mais je suis triste et je ne m'en cache pas. Ce n'est pas du sentimentalisme, c'est ma conviction profonde", a-t-il affirmé. "Il faut rassurer les Européens et ceux qui nous observent de plus loin", a-t-il ajouté, après avoir indiqué que l'Europe poursuivrait son vol vers l'avenir.

Lors des débats, parfois chahutés, le chef de file des démocrates et libéraux (ADLE), Guy Verhofstadt, a notamment blâmé le conservateur Boris Johnson qui serait, selon lui, "prêt à tout (...) pour devenir Premier ministre du Royaume-Uni, ou plutôt du Royaume d'Angleterre et du Pays de Galles".

Le député eurosceptique, Nigel Farage, a pour sa part savouré la victoire du Brexit devant l'hémicycle européen. "N'est-il pas amusant que lorsque je suis venu ici il y a 17 ans en disant vouloir mener une campagne pour faire sortir le Royaume-Uni de l'UE, vous avez tous ri de moi. Vous ne riez plus maintenant, n'est-ce pas? ", a-t-il lancé, avant d'accuser ses collègues d'être "dans le déni".

"Je fais une prédiction: le Royaume-Uni ne sera pas le dernier Etat membre à quitter l'UE", a-t-il ajouté. Cette sortie lui a valu d'être bruyamment vilipendé par l'hémicycle, et rappelé à l'ordre par le président du Parlement Martin Schulz.

"J'ai aimé M. Farage débattre avec vous, nous avons le même sens de l'humour; vous en avez, j'en ai. Je regrette beaucoup que ce soit la dernière fois que nous puissions débattre car vous n'allez pas revenir", lui a répondu, agacé, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

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