Le jour où Kadhafi a perdu une partie de la Libye

24/02/11 à 07:05 - Mise à jour à 07:05

Source: Le Vif

Les opposants de Kadhafi contrôlent plusieurs villes de l'est du pays. L'Union européenne est prête à sanctionner la Libye. Le bilan dépasse les 640 morts. Le résumé des événements de ce mercredi.

Le jour où Kadhafi a perdu une partie de la Libye

© Reuters

Les envoyés spéciaux de France 2 et de Libération, rapportent que la ville de Tobrouk, près de la frontière avec l'Egypte, est aux mains des manifestants anti-Kadhafi. Le journaliste de la BBC, John Leyne, indique qu'il n'y a plus ni militaires ni représentants du pouvoir sur place. En témoigne le nouveau drapeau des manifestants, hissé sur une des places de la ville. Pour en savoir plus sur qui contrôle quoi en Libye, Iyad El-Baghdadi, qui se présente comme un "libertaire musulman", a mis en ligne cette carte, signalée par la BBC.

Kadhafi de plus en plus seul Le "Guide suprême" est désavoué par ses propres ministres. Moustapha Abdel Jalil, ancien ministre de la Justice a affirmé détenir la preuve que Kadhafi avait lui-même ordonné l'attentat de Lockerbie en 1988. L'ancien chef du protocole du colonel, Nouri El-Mismari, après sa démission, a qualifié de "génocide" la violente répression exercée contre les opposants. "Kadhafi fait appel à des mercenaires, pas par volonté mais parce qu'il ne peut plus compter sur l'armée", a-t-il ajouté, sur la chaîne d'information Al Jazira. "Les forces armées de la Libye sont des Libyens; ils sont loyaux et honnêtes et ne tireront pas sur leurs familles et amis." L'armée a en effet commencé à rejoindre les rang des opposants, notamment dans les villes qui sont tombées. Lundi déjà, deux pilotes avaient fuit en direction de Malte. Et ce mercredi un avion de chasse libyen s'est écrasé dans l'après-midi après que son pilote, refusant d'obéir à des ordres de bombarder la ville de Benghazi, s'est éjecté, selon un site d'information libyen.

Un bilan effroyable, d'au moins 640 morts La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) établit un bilan d'au moins 640 morts dont 275 à Tripoli et 230 à Benghazi, soit plus du double du bilan officiel de 300 morts, depuis le début du soulèvement anti-Kadhafi. Ce bilan s'appuie sur des "sources militaires" pour Tripoli et sur des recoupements effectués par la Ligue libyenne des droits de l'Homme pour Benghazi et plusieurs autres localités. Il ne tient pas compte d'éventuelles victimes dans la ville de Tobrouk, à l'extrême est du pays, pour laquelle la FIDH ne dispose pas d'informations précises. Un médecin français tout juste rentré de Benghazi a estimé mercredi sur Lepoint.fr que les affrontements y avaient fait "plus de 2000 morts".

Une catastrophe humanitaire et un exode massif

Plus de 5700 Tunisiens et Libyens ont fui la Libye par la route pour se réfugier en Tunisie lundi et mardi, selon le Croissant rouge qui évoque un "risque catastrophique" d'exode massif. La Commission européenne, de son côté, affirme qu'elle est préoccupée par le risque de catastrophe humanitaire provoquée par les violences. Bruxelles a envoyé des experts aux frontières tunisienne et égyptienne pour évaluer les besoins en cas d'exode.

Des évacuations massives de ressortissants du monde entier De nombreux pays dans le monde ont évacué mercredi, par air et par mer, dans des conditions difficiles, les dizaines de milliers de leurs ressortissants travaillant en Libye, pris au piège des violences. Un avion militaire français avec à son bord 165 touristes dont 152 Français a ainsi quitté dans l'après-midi la ville de Sebha, dans le sud-est de la Libye. Il était attendu ce mercredi soir à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Au total, la France aura évacué de Libye en deux jours 556 personnes dont 487 Français. L'Union européenne a annoncé qu'il restait 10.000 de ses ressortissants en Libye et qu'elle mobilisait des moyens pour être en mesure de les évacuer, y compris par voie maritime au cours des prochaines heures et prochains jours. Un ferry affrété par les Etats-Unis, qui peut accueillir 575 passagers, est arrivé mercredi à Tripoli et devait en repartir pour Malte. Enfin, en Asie, les autorités se préparaient à mettre en place de gigantesques opérations d'évacuation pour rapatrier 100.000 travailleurs, principalement des ouvriers.

Levif.be avec L'Express.fr

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