Le FBI recommande de ne pas poursuivre Hillary Clinton pour l'affaire des emails

05/07/16 à 18:03 - Mise à jour à 20:13

Source: Afp

Le FBI a recommandé mardi de ne pas poursuivre Hillary Clinton pour l'utilisation d'emails sur un serveur privé, un immense soulagement pour la candidate démocrate à la Maison Blanche au moment où elle recevait pour la première fois l'appui de Barack Obama en campagne.

Le FBI recommande de ne pas poursuivre Hillary Clinton pour l'affaire des emails

. © Reuters

De l'avis du chef de la police fédérale américaine, James Comey, "aucune poursuite ne s'impose" à l'encontre de la secrétaire d'Etat même si elle a fait preuve d'une "négligence extrême".

La ministre américaine de la Justice Loretta Lynch a assuré qu'elle se rangerait aux recommandations du FBI et des procureurs impliqués dans l'enquête, tentant ainsi d'écarter tout soupçon d'interférence politique dans ce dossier ultra-sensible.

Certains des emails envoyés par Mme Clinton en utilisant un serveur privé étaient classés "secret" et des personnes mal intentionnées ont théoriquement pu y avoir accès, a souligné le patron du FBI. Mais l'ancienne chef de la diplomatie américaine n'a cependant "pas eu l'intention" de violer la loi selon M. Comey.

Si cette décision est une bonne nouvelle pour le camp Clinton, tant une possible inculpation aurait plombé sa campagne, les termes durs choisis par le patron du FBI pour qualifier les choix de l'ancienne Première dame offrent de précieuses munitions à ses opposants républicains.

"Toute personne sensée occupant la fonction de Mme Clinton (...) aurait dû savoir" qu'un serveur non protégé ne pouvait accueillir des informations classées secret défense, a notamment souligné le patron du FBI.

"Le système est vicié", a immédiatement réagi Donald Trump sur Twitter, tandis que Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants, dénonçait une décision "qui défie l'entendement".

"Nous sommes heureux que cette question soit désormais résolue", a souligné de son côté l'équipe de campagne de la porte-parole, tentant de clore le débat qui devrait cependant rester vif.

Mme Clinton et M. Obama, anciens concurrents lors des primaires démocrates de 2008, se sont envolés ensemble en début d'après-midi à bord de l'avion présidentiel Air Force Once pour rejoindre Charlotte, en Caroline du Nord où ils participeront ensemble à un meeting électoral.

Il s'agit de la première étape d'une série d'événements qui doivent galvaniser les électeurs en faveur de l'ancienne Première dame et ancienne secrétaire d'Etat, notamment les minorités qui restent fortement attachées à Barack Obama. Le tout dans des Etats pivots où se dessinera l'issue de l'élection du 8 novembre.

'Hillary-la-crapule'

A trois semaines de la convention démocrate à Philadelphie, lors de laquelle Mme Clinton sera formellement investie candidate du parti aux dépens de Bernie Sanders, les républicains se sont saisis de l'affaire des emails, emblématique selon eux de son manque de sérieux et de fiabilité.

"Hillary-la-crapule est +coupable comme pas possible+ mais le système dans son ensemble est truqué et corrompu", s'est indigné Donald Trump. "Où sont les 33.000 emails manquants?", a-t-il encore demandé, en référence aux courriels que l'ancienne ministre des Affaires étrangères a dit avoir effacés parce qu'ils relevaient de sa vie privée.

Depuis quelque temps, l'homme d'affaires de New-York fait feu de tout bois contre sa rivale.

Outre ses attaques dénonçant une privilégiée, membre de l'establishment de Washington, il l'a accusée lundi d'être faible face à la menace terroriste, au lendemain d'un attentat suicide du groupe Etat islamique qui a fait plus de 200 morts à Bagdad.

Hillary Clinton, elle, balaye les critiques et entend tirer profit du soutien présidentiel, ainsi que d'un événement conjoint prévu avec le vice-président Joe Biden vendredi en Pennsylvanie, pour recentrer sa campagne sur les questions économiques, sociales et de politique étrangère.

"Hâte de partir en campagne ensemble avec @POTUS", a-t-elle écrit sur Twitter. POTUS est l'acronyme de "President of the United States".

L'appui de Barack Obama pourrait s'avérer plus qu'utile pour la démocrate car, même si la quasi-totalité des sondages nationaux la donnent victorieuse de Donald Trump en novembre, l'écart se resserre ces dernières semaines.

Le dernier sondage NBC News/Wall Street Journal donne même un large avantage (41% contre 25%) à Donald Trump dans les domaines de l'honnêteté et de la fiabilité.

En Caroline du Nord, où Barack Obama et Hillary Clinton font campagne mardi, le président américain reste populaire et pourrait notamment rassembler l'électorat noir dans ce "swing state", l'un de ces Etats cruciaux qui peut basculer autant du côté républicain que du côté démocrate.

Mais Donald Trump entend rendre coup pour coup et doit s'exprimer mardi soir lors d'un meeting à Raleigh, dans le même Etat de Caroline du Nord.

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