"Le choix de cette élection est clair: la division ou l'unité"

07/11/16 à 19:01 - Mise à jour à 20:45

Source: Belga

Hillary Clinton a plaidé lundi le rassemblement, et Donald Trump a promis la fin de la corruption gouvernementale, au dernier jour d'une campagne présidentielle américaine qui a profondément divisé le pays et stupéfié le monde par ses excès et sa violence.

"Le choix de cette élection est clair: la division ou l'unité"

© Reuters

Les sondages sont serrés, même s'ils donnent l'avantage à la candidate démocrate qui espère devenir la première femme présidente des Etats-Unis. Une victoire du républicain populiste, qui serait un séisme politique dans la première puissance mondiale, ne pouvait pas complètement être exclue lundi, même si la carte électorale est nettement plus favorable aux démocrates.

Mme Clinton, 69 ans, avait prévu lundi deux étapes en Pennsylvanie, une dans le Michigan, et un tout dernier meeting en Caroline du Nord juste avant minuit.

"Je veux être la présidente de tous, ceux qui votent pour moi et ceux qui votent contre moi", a-t-elle déclaré avant de rallier Pittsburgh, bastion démocrate de Pennsylvanie.

"La mission devant moi est de rassembler le pays", a ajouté l'ancienne secrétaire d'Etat, accusant Donald Trump, d'avoir "exacerbé" par sa rhétorique les "fractures et les divisions".

Donald Trump, 70 ans, a tenu sa première réunion électorale en fin de matinée à Sarasota, en Floride, et devait se rendre ensuite en Caroline du Nord, Pennsylvanie, New Hampshire et Michigan, pour un dernier meeting vers 23H00.

"Mon contrat avec l'électeur américain commence par un plan pour mettre fin à la corruption du gouvernement et pour arracher notre pays, et l'arracher vite, à ces groupes de pression que je connais si bien", a-t-il lancé, affirmant qu'Hillary Clinton "était protégée par un système totalement biaisé".

Dans son premier discours du jour à Pittsburgh, Mme Clinton a encore insisté sur la nécessité de la réconciliation.

Peur et colère

"Le choix de cette élection ne pourrait pas être plus clair. Il est entre la division et l'unité", a-t-elle déclaré.

"Je sais que les gens sont frustrés. Beaucoup de gens se sentent laissés-pour-compte. Il y a de la peur, et même de la colère dans notre pays. Mais la colère n'est pas un plan", a-t-elle ajouté.

"Nous devons commencer à nous parler si nous voulons dépasser nos problèmes", a-t-elle ajouté, après des semaines d'attaques féroces des deux côtés.

Dans leur marathon final, les deux candidats comptent grappiller la moindre voix qui pourrait faire basculer à leur profit les Etats-clés où se jouera mardi l'élection.

Un dernier sondage Quinnipiac les donne au coude-à-coude en Caroline du Nord et en Floride, ce dernier Etat pouvant à lui seul décider de la présidentielle si Donald Trump le perd.

Bonne nouvelle pour Mme Clinton, la participation des Hispaniques, qui n'ont jamais pardonné à M. Trump ses propos sur les Mexicains violeurs, est apparemment en forte hausse dans ces deux Etats où le vote anticipé était possible.

Cela pourrait compenser une certaine apathie des électeurs noirs, qui semblent moins motivés que pour Barack Obama en 2012.

Quelque 40 millions d'Américains ont déjà voté ces dernières semaines.

Pour son meeting du soir en Pennsylvanie, Hillary Clinton sera rejointe par le président Barack Obama - qui lundi matin a fait campagne pour elle dans le Michigan -, par Michelle Obama, son mari Bill Clinton et leur fille Chelsea. Egalement attendus, Bruce Springsteen et Jon Bon Jovi.

Soulagement

A son grand soulagement, Mme Clinton a vu dimanche disparaître la menace de poursuites dans l'affaire de ses emails. Le directeur du FBI James Comey a écrit qu'après l'examen d'emails récemment découverts, il maintenait sa position de juillet selon laquelle il n'y avait pas matière à poursuivre Mme Clinton pour son utilisation d'un serveur privé quand elle était secrétaire d'Etat.

La bourse de New York a ouvert en forte hausse, rassurée par cette annonce. Hillary Clinton est la candidate préférée du monde de la finance.

Au niveau national, les chaînes de télévision ABC, NBC et CBS donnent toutes Mme Clinton avec une avance de plusieurs points: 45% des intentions de vote contre 41% pour M. Trump, selon CBS. 47-41 selon NBC, et 48-43 selon ABC.

Les Américains attendent avec impatience la fin de cette campagne de 18 mois, entre deux candidats historiquement impopulaires (50% n'aiment pas Mme Clinton, 62% M. Trump) marquée par les insultes, les scandales et les révélations de caniveau.

Hillary Clinton, ancienne secrétaire d'Etat, ancienne sénatrice de New York, ancienne Première dame, a pour elle une longue expérience. Mais beaucoup d'Américains ne l'aiment pas, doutant de son honnêteté.

Pour la démocrate, la bataille a été plus difficile que prévu face au magnat de l'immobilier, populiste sans expérience politique, grand dénonciateur de l'establishment et d'un système selon lui truqué.

Le milliardaire, ancien animateur star de l'émission de télé-réalité à succès "The Apprentice", a capitalisé sur la colère et les frustrations de certains Américains inquiets de la mondialisation et des changements démographiques.

Imprévisible, volontiers brutal, il a fait voler en éclat toute décence politique. Il a menti, insulté les femmes, les Mexicains, les Noirs, les musulmans. Il a attaqué son adversaire sans relâche, surnommée "Hillary la crapule". Et a promis des solutions simples aux problèmes complexes à des supporteurs qui lui ont tout pardonné.

Il a au passage quasiment fait exploser le parti républicain, désavoué par nombre de ses caciques.

Derniers sondages très serrés, avantage à Clinton

Les derniers sondages et projections publiés aux Etats-Unis à la veille de l'élection présidentielle américaine restent très serrés, avec toutefois un avantage à Hillary Clinton.

Selon la moyenne de tous les sondages établie par le site RealClearPolitics, la candidate démocrate maintient un écart positif au niveau national de 2,7 points, malgré une dynamique de fin de campagne favorable au républicain Donald Trump.

Le dernier en date des sondages nationaux, publié lundi par la chaîne CBS, montre qu'Hillary Clinton dispose d'un avantage de 4 points au niveau national, à 45% contre 41%.

L'écart est stable par rapport à la semaine dernière. Cette enquête crédite le candidat libertarien Gary Johnson et l'écologiste Jill Stein de 5% et 2% respectivement.

Plusieurs médias américains publiaient également lundi des projections sur le résultat final de l'élection en terme de grands électeurs, tous également favorables à l'ancienne Première dame.

Selon la chaîne de télévision NBC, Hillary Clinton serait assurée d'obtenir le soutien de 274 grands électeurs contre 170 à son adversaire républicain, les sondages étant trop serrés pour attribuer les 94 restants. Ce serait suffisant pour qu'elle soit élue, puisque la majorité se situe à 270.

L'élection présidentielle américaine se déroule au scrutin indirect. Le vote se tient dans chacun des 50 Etats et le District of Columbia, qui disposent d'un nombre de grands électeurs proportionnel à leur population.

Sur la base de ces différentes projections et sondages, le site d'analyse politique FiveThirtyEight donne lundi à Hillary Clinton 66% de chances d'être élue contre 33,9% à Donald Trump.

Un sondage de l'université de Quinnipiac montre également un écart extrêmement serré en Floride et en Caroline du Nord, deux Etats cruciaux pour l'issue du scrutin. En Floride, Hillary Clinton obtiendrait 46% contre 45% à Donald Trump. En Caroline du Nord, elle serait également légèrement en avance, à 47% contre 45%.

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