Le chef du Hamas au Caire pour trouver une solution au conflit à Gaza

17/11/12 à 18:30 - Mise à jour à 18:30

Source: Le Vif

Le chef du Hamas Khaled Mechaal était au Caire samedi pour discuter d'une issue au conflit à Gaza, mais son mouvement est peu disposé à accepter un cessez-le-feu sans avoir de garanties qu'Israël respectera une trêve. Il devait notamment s'entretenir avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui affirme qu' "Israël devra rendre des comptes pour Gaza".

Le chef du Hamas au Caire pour trouver une solution au conflit à Gaza

© Reuters

M. Mechaal devait rencontrer le chef des services de renseignements égyptiens et s'entretenir avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et l'émir du Qatar Hamad Ben Khalifa Al-Thani, tous deux en visite officielle au Caire, selon la même source.

En conflit avec Israël depuis quatre jours, le Hamas doute qu'un pays, quel qu'il soit, puisse assurer les termes d'un cessez-le-feu, a ajouté ce responsable, sous couvert d'anonymat. "Par l'intermédiaire de l'Egypte, nous nous étions mis d'accord sur une trêve, et elle a été interrompue au bout de 48h", a-t-il rappelé, en allusion à an raid ciblé de l'armée israélienne mercredi contre le chef des opérations militaires du Hamas, après des tirs de roquettes. "L'Egypte ne peut plus dire 'je me porte garant d'une trêve'", a-t-il affirmé.

Depuis le début mercredi de l'offensive militaire israélienne contre les groupes armés à Gaza, l'aviation israélienne a mené des centaines de raids sur l'enclave palestinienne, qui a répliqué avec des centaines de roquettes. Au total, 43 personnes - 40 Palestiniens et trois Israéliens - ont été tuées.

En janvier 2009, c'est une trêve négociée par l'Egypte qui avait permis de mettre fin à la dévastatrice opération "Plomb durci" lancée quelques semaines plus tôt par Israël contre les groupes armés de Gaza.

"Israël devra rendre des comptes pour Gaza", affirme Erdogan

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé samedi au Caire qu'Israël devrait rendre des comptes pour le "massacre d'enfants innocents" à Gaza, après avoir accusé plus tôt dans la journée l'Etat hébreu d'avoir violé le cessez-le-feu.

"Tout le monde doit savoir que tôt ou tard, des comptes seront demandés pour le massacre de ces enfants innocents tués par des méthodes

inhumaines à Gaza", a déclaré M. Erdogan dans un discours devant l'Université au Caire.

Erdogan est arrivé samedi en Egypte pour une visite destinée à renforcer les liens entre les deux pays, qui se retrouve dominée par le conflit à Gaza pour lequel Le Caire et Ankara critiquent vivement Israël. Il a notamment rencontré le président égyptien Mohamed Morsi, issu du mouvement des Frères musulmans, historiquement proche du Hamas palestinien qui contrôle la bande de Gaza.

L'Egypte et la Turquie sont sous pression des Etats-Unis pour amener le Hamas à cesser de tirer des roquettes sur Israël, mais les deux

pays ont de leur côté fermement condamné l'Etat hébreu pour ses attaques sur l'enclave palestinienne. "Israël fait un tapage international avec ses trois morts (...) En fait c'est Israël qui a violé le cessez-le-feu", avait déclaré M. Erdogan à Ankara avant de partir pour l'Egypte.

"C'est une tactique d'Israël que de pointer du doigt le Hamas et d'attaquer Gaza", a affirmé M. Erdogan qui a indiqué s'être entretenu vendredi soir du conflit à Gaza avec le président américain Barack Obama et le président russe Vladimir Poutine.

Le président Morsi a quant à lui dénoncé vendredi l'offensive israélienne contre la bande de Gaza comme "une agression flagrante contre l'humanité", en promettant que son pays "ne laisserait pas Gaza seule".

La Turquie, autrefois proche alliée d'Israël, est en froid avec l'Etat hébreu depuis que des commandos israéliens ont tué neuf ressortissants turcs qui tentaient de briser le blocus de Gaza à bord d'un ferry turc chargé d'aide humanitaire en mai 2010.

Le Caire est lié depuis 1979 à l'Etat hébreu par un traité de paix, mais les relations entre les deux pays sont entrées dans une période d'incertitudes depuis l'élection pour la première fois d'un président islamiste en Egypte en juin dernier.

Levif.be avec Belga

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