"Le CETA n'est pas mort"

25/10/16 à 14:13 - Mise à jour à 14:57

Source: Afp

L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA) "n'est pas mort", ont affirmé mardi des chefs de file de groupes politiques au Parlement européen, malgré le blocage persistant de sa signature par la Belgique.

"Le CETA n'est pas mort"

© Belga

Lui aussi encore confiant dans une issue positive, le président du Parlement européen Martin Schulz a appelé à repousser la date d'un sommet prévu jeudi à Bruxelles pour signer le CETA, afin de disposer de davantage de temps.

"Le CETA n'est pas mort, il n'est pas moribond", a estimé devant la presse le chef de file du groupe PPE (droite) au Parlement européen, Manfred Weber, appelant à "un dialogue constructif avec la Wallonie", la région belge francophone qui met pour l'instant son veto à une signature du traité par la Belgique.

"Le CETA n'est pas mort", a renchéri le chef du groupe libéral du Parlement (ALDE), Guy Verhofstadt, estimant "que la chose la plus importante était de faire les pas nécessaires pour approuver l'accord" d'ici le mois de novembre entre Etats de l'UE avant une signature "en décembre".

"C'est beaucoup plus important que la question de savoir si nous aurons ou pas un sommet le 27 octobre", a observé M. Verhofstadt, alors que le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, ont jugé lundi "toujours possible" la tenue de ce sommet.

Le chef de file des socialistes au Parlement européen, Gianni Pittella, s'est également dit "convaincu qu'à l'issue des deux-trois semaines qui viennent, on pourra avoir" un accord entre Européens, réfutant l'idée que la position wallone serait "idéologique".

Pour M. Pittella, "nous devons prendre très au sérieux les demandes de la Wallonie", qui souhaite notamment des garanties supplémentaires que le CETA ne mettra pas en cause les normes sociales et environnementales ou encore la protection des services publics.

Les Wallons "connaissent beaucoup mieux le CETA que beaucoup d'entre nous", a argué l'eurodéputé belge Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts, fustigeant "l'intimidation" que constitue selon lui la pression pour arriver à un accord avec les Wallons d'ici jeudi.

"Ceux qui soutiennent le CETA se sont obsédés de manière maniaque à y ajouter des choses ne relevant pas du commerce", a accusé M. Lamberts, prenant la défense de la décision des Wallons de ne pas autoriser la Belgique à signer l'accord de libre-échange.

"Nous devons décaler" le sommet UE-Canada de jeudi, a préconisé de son côté le président du Parlement européen Martin Schulz, refusant de prendre acte de l'échec du traité avec le Canada, dans un entretien avec la radio Deutschlandfunk.

"Je ne crois pas que nous parviendrons à une solution cette semaine. Cela me semble très très difficile", a-t-il admis, considérant que "si on a besoin de 14 jours supplémentaires, (alors) on décale un sommet" d'une telle importance.

Les contacts se poursuivent entre Belges et Européens

Les contacts se poursuivent "tous azimuts" entre Belges et Européens afin de trouver une solution pour débloquer la signature du traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (CETA), a indiqué mardi une source proche du gouvernement fédéral.

"Rien de visible n'est prévu aujourd'hui (...) Mais des contacts sont entretenus tous azimuts par le gouvernement fédéral avec tous les niveaux de pouvoir impliqués, dont la Wallonie et les instances européennes", a confié à l'AFP cette source qui a requis l'anonymat.

Le sort du sommet entre l'Union et le Canada prévu jeudi était toujours en suspens. Lundi soir, le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé que la tenue de cette rencontre était "toujours possible", malgré le "non" de la Belgique opposé quelques heures plus tôt sous la pression de la Wallonie, de la région de Bruxelles-Capitale et de la communauté linguistique dite "française". "La décision de Tusk est assez surprenante puisqu'il avait donné jusqu'à lundi pour prendre une décision", a observé la source proche du gouvernement belge. "Mais on comprend car on pense que la pression du Canada sur l'UE doit être énorme", a-t-elle concédé.

Mardi, la Commission européenne a de son côté prôné une nouvelle fois la "patience", refusant de se prononcer sur le sommet de jeudi. "La Commission continue de travailler pour (atteindre) un résultat positif aux discussions qui permettrait à l'UE et au Canada de signer", a expliqué Alexander Winterstein, porte-parole de l'exécutif européen, lors d'un point presse à Bruxelles.

"La Belgique est encore en train d'établir sa position (...) nous le respectons", a-t-il souligné. "Ce qu'il faut maintenant c'est de la patience", a-t-il encore martelé. "Il n'y a pas de délai".

Le président de la Commission européenne a eu des contacts avec plusieurs dirigeants, dont le Premier ministre fédéral belge Charles Michel, le chef du gouvernement wallon Paul Magnette, M. Tusk ou encore la chancelière allemande Angela Merkel, a rapporté M. Winterstein. La Belgique est le dernier Etat membre à ne pas avoir donné son feu vert pour la signature du CETA.

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