Le cessez-le-feu de Minsk n'est pas respecté, selon l'Otan

18/02/15 à 15:07 - Mise à jour à 15:07

Source: Belga

Le cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine conclu la semaine dernière à Minsk "n'est pas respecté", a déploré mercredi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, qui a appelé la Russie à "retirer toutes ses forces" de cette région.

Le cessez-le-feu de Minsk n'est pas respecté, selon l'Otan

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"Nous avons vu que le cessez-le-feu n'est pas été respecté, nous avons vu les séparatistes gagner du terrain, en particulier dans et autour de (la ville stratégique) Debaltseve. Et ils ont utilisé des armements sophistiqués pour attaquer les forces ukrainiennes", a-t-il affirmé à son arrivée à une réunion informelle des ministres européens de la Défense à Riga à laquelle il participe également.

"Les troupes russes, l'artillerie ainsi que les unités de défense anti-aérienne, de même que les éléments de commandement et de contrôle, sont toujours actifs en Ukraine", a dit M. Stoltenberg, ajoutant "qu'il y avait toujours une concentration de chars et de véhicules blindés" russes près de la frontière avec l'Ukraine.

"Le cessez-le-feu n'a pas été respecté", a-t-il insisté en estimant que la situation dans l'est de l'Ukraine "se détériore". Le refus des séparatistes de respecter le cessez-le-feu et de laisser les observateurs de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) accéder à la zone "menace l'accord" de Minsk, a poursuivi le secrétaire général de l'Alliance atlantique.

M. Stoltenberg a réaffirmé "le ferme soutien politique" de l'Otan à l'indépendance et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine. "Nous allons apporter notre soutien pratique à l'Ukraine, à la modernisation et à la réforme de ses forces de défense. Et, bien sûr, nous adaptons également nos propres moyens de défense au fait que l'environnement sécuritaire en Europe est en train de changer, à cause des actions de la Russie en Ukraine", a-t-il ajouté.

La haute représentante pour la politique étrangère et de sécurité de l'Union européenne, Federica Mogherini, a pour sa part laissé entendre que l'UE pourrait rapidement renforcer ses sanctions ciblées à l'encontre de responsables accusés de soutenir les séparatistes pro-russes et de ces derniers. "Notre politique en matière de sanctions est toujours la même, basée sur notre unité à 28 (membres de l'UE) et sur la situation sur le terrain", a-t-elle dit.

"Si la situation sur le terrain suit les engagements pris à Minsk la semaine dernière, évidemment ceci (de nouvelles sanctions) ne sera pas nécessaire. Mais nous devons voir l'application (de l'accord de cessez-le-feu) se produire dans les toutes prochaines heures", a-t-elle prévenu. Les rebelles prorusses ont infligé mercredi une nouveau revers militaire aux autorités de Kiev, forçant l'armée ukrainienne à abandonner après des combats acharnés Debaltseve, verrou stratégique pour le contrôle de l'est du pays en proie depuis dix mois à une insurrection séparatiste.

Cette prise de Debaltseve est une violation du cessez-le-feu, entré en vigueur dimanche selon les accords de Minsk conclus le 12 février dernier entre les présidents ukrainien, russe et français, Petro Porochenko, Vladimir Poutine et François Hollande ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel.

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