Le Beethoven japonais était un imposteur

07/02/14 à 11:08 - Mise à jour à 11:08

Source: Le Vif

Mamoru Samuragochi (50), compositeur génial atteint de surdité, ne serait ni sourd ni génial. Ses pièces maitresses auraient été écrites par un nègre. Un compositeur de l'ombre qui révèle en prime que Samuragochi n'est pas sourd. La révélation de cette supercherie met tout le Japon en émois.

Le Beethoven japonais était un imposteur

© Reuters

La musique classique occidentale est immensément populaire au Japon. Et la star du genre est sans aucun doute Mamoru Samuragochi. Ce compositeur adulé de tous est considéré par ses compatriotes comme le Beethoven japonais des temps modernes selon The New York Times. Cette icône du pays du soleil levant vient pourtant de tomber de son piédestal. Celui que l'on croyait sourd et génial ne serait ni l'un ni l'autre.

Samuragochi aura grugé des années durant son public. Depuis 1990, toutes ses oeuvres sont écrites par un nègre. Un compositeur de l'ombre qui en rajoute une couche en précisant que l'icône de la musique classique n'était pas sourde contrairement à ce qu'elle avait fait croire jusqu'alors. Des révélations qui auront profondément choqué les Japonais. De nombreux fans veulent le trainer devant les tribunaux pour imposture. Des personnalités japonaises se répandent dans les médias à l'aide de commentaires outragés. Et le maire d'Hiroshima songe à lui enlever le titre honorifique de citoyen d'honneur.

Mais celui qui doit trouver la nouvelle particulièrement saumâtre est le patineur artistique Daisuke Takahashi. Il avait gagné une médaille de bronze à Vancouver et est aussi candidat au podium lors des Jeux de Sotchi. C'est autour de la 'Symphonie nr 1: Hiroshima', le morceau le plus célèbre Samuragochi qui est lui-même né à Hiroshima, que l'athlète a construit son numéro. N'ayant plus le temps de changer de musique, il ne peut qu'espérer que le scandale ne nuira pas à sa prestation.

Le scandale a éclaté suite aux révélations de Takashi Niigaki (43), le véritable compositeur de tous ces chefs-d'oeuvre. C'est un timide professeur de musique de Tokyo qui aura composé dans l'ombre et depuis 20 ans des dizaines de compositions Samuragochi. Ce travail loin des paillettes ne lui aura rapporté que 50.000 euros.

Niigaki se sentait depuis longtemps coupable de faire partie de cette supercherie et a menacé à plusieurs reprises de révéler le pot au rose, avant de changer d'avis devant les supplications de Samuragochi. "Il me jurait qu'il se suiciderait si je ne lui composais plus de chanson". Si Niigaki a enfin révélé son lourd secret, c'est parce que Takahashi patine sur l'une de ses compositions aux Jeux olympiques. À ses yeux la tromperie ne concernait désormais plus seulement le Japon, mais aussi le monde entier.

Plus que la révélation de l'existence d'un compositeur fantôme, ce qui a surtout choqué les fans, c'est que la surdité de leur icône était feinte. "Nous discutions de mon travail, il écoutait le résultat et donnait ses commentaires. Sa surdité n'était qu'un truc qu'il utilisait pour le monde extérieur".

Samuragochi a fait savoir à travers ses avocats qu'il s'excusait pour tout le mal et la tristesse qu'il aura causés aux Japonais. Avant de conclure : "Je n'ai pas la moindre excuse pour ce que j'ai fait"

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