Le Bangladesh s'enfonce dans la crise après des législatives sanglantes

07/01/14 à 08:20 - Mise à jour à 08:20

Source: Le Vif

Le Bangladesh s'enfonçait dans la crise lundi au lendemain de législatives boycottées par l'opposition, la Première ministre jugeant sa victoire légitime et rejetant sur ses opposants la responsabilité des violences meurtrières survenues dimanche.

Le Bangladesh s'enfonce dans la crise après des législatives sanglantes

© REUTERS

Sheikh Hasina a estimé que le principal parti d'opposition, le Bangladesh Nationalist Party (BNP) avait fait une erreur en ne participant pas au scrutin, et n'a montré aucun signe d'ouverture en direction de sa rivale historique et chef du BNP, Khaleda Zia.

Le parti de Mme Hasina, l'Awami League, a remporté 80% des sièges, faute d'adversaire dans nombre de circonscriptions, à l'issue du scrutin le plus violent qu'ait connu le Bangladesh, les émeutes dimanche ayant fait au moins 26 morts.

Le BNP réclamait la mise en place d'un gouvernement neutre et provisoire avant l'organisation d'élections, comme ce fut le cas dans le passé, mais le gouvernement a refusé.

Le boycottage du scrutin par l'opposition "ne signifie pas que se pose une question de légitimité", a estimé Sheikh Hasina. "La population a participé aux élections et d'autres partis ont également participé", a-t-elle déclaré à des journalistes réagissant pour la première fois à ces élections.

La chef du gouvernement a souligné qu'elle avait proposé à sa rivale Khaleda Zia de participer à un gouvernement intérimaire de multipartite avant le scrutin.

Washington, par la voix du Département d'Etat, a fait part lundi de sa déception au sujet des élections et appelé à un nouveau scrutin qui "exprimerait véritablement la volonté" du peuple.

De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a critiqué les deux principaux partis les appelant "à renouer un dialogue constructif et à répondre urgemment aux attentes des citoyens du Bangladesh qui souhaitent un processus politique global".

La mort de 26 personnes dans des émeutes qui auront vu des milliers de manifestants attaquer des centaines de bureaux de vote, saccagés ou détruits par le feu, élargit la fracture politique dans cette jeune démocratie qui a connu une vingtaine de coups d'Etat depuis son indépendance en 1971.

La chef de l'opposition demande la tenue de nouvelles élections

La chef de l'opposition au Bangladesh Khaleda Zia a appelé mardi la Première ministre Sheikh Hasina à organiser de nouvelles élections législatives, jugeant "grotesque" le scrutin organisé dimanche et remporté haut la main par le parti au pouvoir.

L'opposition conduite par le Bangladesh Nationalist Party (BNP) a boycotté le scrutin de dimanche, réclamant depuis plusieurs semaines qu'il soit organisé par un gouvernement neutre et provisoire, comme ce fut le cas dans le passé.

Le Bangladesh a connu les élections les plus violentes de son histoire, 26 personnes ayant été tuées lors d'émeutes et des centaines de bureaux de vote brûlés ou saccagés par les sympathisants de l'opposition.

"Je demande au gouvernement d'annuler cette élection grotesque, de démissionner et de trouver un accord (avec l'opposition, ndlr) pour organiser une élection libre, neutre et juste sous l'égide d'un gouvernement non partisan", a dit la chef du BNP dans un communiqué.

"L'élection scandaleuse du 5 janvier a montré non seulement l'absence de confiance de la population dans le gouvernement mais aussi prouvé que des élections libres, neutres, justes, pacifiques et participatives ne pouvaient se tenir sans un gouvernement impartial et une commission électorale crédible", a ajouté Khaleda Zia, assignée à résidence depuis deux semaines.

La pression s'accroît sur la chef du gouvernement depuis lundi pour l'organisation de nouvelles élections, la diplomatie américaine exprimant sa "déception" et réclamant un nouveau scrutin qui soit "crédible".

Mais de son côté la Première ministre du Bangladesh a estimé que le boycott du scrutin par l'opposition "ne signifie pas que se pose une question de légitimité".

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