Laurent Gbagbo réaffirme qu'il est président de Côte d'Ivoire

22/12/10 à 07:56 - Mise à jour à 07:56

Source: Le Vif

Le président auto-proclamé de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, a réaffirmé que le président du pays, c'était lui. Il a cependant tendu la main à son opposant Alassane Ouattara, qui bénéficie du soutien de la communauté internationale.

Laurent Gbagbo réaffirme qu'il est président de Côte d'Ivoire

© Reuters

Laurent Gbagbo a réaffirmé mardi soir qu'il était le "président" de la Côte d'Ivoire, se disant toutefois prêt à discuter avec son rival Alassane Ouattara et la communauté internationale qui le soutient, pour sortir d'une crise qui a fait au moins 50 morts selon l'ONU. "Je suis le président de la République de Côte d'Ivoire", a déclaré Gbagbo dans son premier discours depuis son investiture le 4 décembre, diffusé sur la radio-télévision d'Etat RTI, un pilier de son régime.

Sous très forte pression de la communauté internationale qui réclame sans relâche son départ depuis la présidentielle controversée du 28 novembre, il a accusé le camp Ouattara et ses nombreux soutiens extérieurs de lui "faire la guerre". "Je ne veux pas que le sang d'un seul Ivoirien soit versé. Je ne veux pas d'une guerre en Côte d'Ivoire qui peut s'étendre aux pays voisins ou les affaiblir", a cependant affirmé Gbagbo.

Il s'est dit disposé à "accueillir un comité d'évaluation sur la crise post-électorale" qui "aura pour mission d'analyser objectivement les faits et le processus électoral, pour un règlement pacifique de la crise". Ce comité serait "dirigé par un représentant de l'Union africaine" et comprendrait des représentants de l'ONU, de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest), de l'ONU, des Etats-Unis, de l'Union européenne, de la Russie, de la Ligue arabe et de la Chine ainsi que "des Ivoiriens de bonne volonté". "Je tends la main du dialogue. Je tends la main à l'opposition, à M. Ouattara et à la rébellion armée (Forces nouvelles, FN) qui le soutient", a-t-il lancé.

Il les a exhortés à quitter l'hôtel du Golf d'Abidjan, qui leur sert de quartier général, pour "regagner leurs domiciles", alors que l'établissement est soumis à un blocus des forces fidèles à Gbagbo depuis plusieurs jours. En signe de détente avant Noël, l'armée loyale au président sortant a annoncé la levée dès ce mardi du couvre-feu nocturne instauré à la veille du scrutin.

Plus tôt mardi, le gouvernement Ouattara dirigé par le chef des FN Guillaume Soro avait montré qu'il n'entendait pas céder, appelant le peuple à "la désobéissance" au gouvernement "factice" de Gbagbo. La Côte d'Ivoire "vit la pire des escalades dans la barbarie d'un clan, d'un régime fini, contre les populations civiles démunies et désarmées", selon Soro.

La Cédéao a annoncé la tenue d'un sommet extraordinaire sur la situation en Côte d'Ivoire vendredi à Abuja. Lors d'un précédent sommet début décembre, elle avait suspendu le pays et demandé à Gbagbo de partir. Washington a de son côté imposé un premier train de sanctions contre son régime en interdisant à une trentaine de ses proches de se rendre aux Etats-Unis. L'Union européenne avait auparavant décidé de lui infliger personnellement la même sanction, ainsi qu'à ses deux épouses et 16 autres proches.

Le camp Gbagbo s'est moqué de sanctions qui font "sourire", de même qu'il n'entend pas revenir sur sa demande de retrait de Côte d'Ivoire de la mission de l'ONU (Onuci) dont le mandat a été prolongé de six mois par le Conseil de sécurité, ainsi que de la force française Licorne. Alors qu'une confrontation entre forces pro-Gbagbo et Onuci est redoutée à la suite d'incidents, Gbagbo a assuré mardi soir qu'il entendait obtenir gain de cause "par voie diplomatique" et appelé les jeunes à "rester calmes".

LeVif.be, avec Belga

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