Laurence Sénéchal de retour en Belgique après avoir été retenue 4 mois et demi en RDC

31/08/14 à 09:56 - Mise à jour à 09:56

Laurence Sénéchal, cette ressortissante belge retenue durant quatre mois et demi en République démocratique du Congo (RDC) à la suite d'une condamnation en avril à six mois de prison pour "déplacement illicite d'enfant", est rentrée dimanche matin en Belgique en exprimant sa "joie" après une période "horrible", a constaté l'agence Belga.

Laurence Sénéchal de retour en Belgique après avoir été retenue 4 mois et demi en RDC

Laurence Senechal à son arrivée à Brussels National Airport, à Zaventem, le dimanche 31 août 2014 © Belga Image

Autorisée samedi à quitter le territoire congolais, elle a atterri à l'issued'un vol de nuit à l'aéroport de Bruxelles-National, où elle a été accueillie peu avant 07h00 par ses proches - dont sa maman, très émue - et sa fille adoptive, Imany, ainsi qu'un représentant des Affaires étrangères. Mme Sénéchal avait quitté samedi la prison centrale de Makala à Kinshasa où elle séjournait depuis mardi. "Il fallait absolument que je mette les pieds là-bas" pour être autorisée à rentrer en Belgique et retrouver ses proches, a-t-elle expliqué à la presse.

Cette habitante des Bons Villers avait écopé de six mois de "servitude pénale" (prison) et d'une amende de 300.000 francs congolais (environ 240 euros) le 14 avril pour avoir tenté de faire voyager illégalement la fillette de six ans qu'elle avait adoptée, Imany. Sa peine avait été confirmée le 8 mai en deuxième instance. Elle a bénéficié, a-t-elle expliqué dimanche, d'une libération conditionnelle de la part de la ministre congolaise de la Justice, Wivine Mumba Matipa. Celle-ci avait toutefois posé comme condition préalable que Mme Sénéchal soit incarcérée au moins quelques jours alors qu'elle séjournait depuis le mois d'avril dans un hôpital kinois.

"C'est très fort comme expérience", a-t-elle dit de son (bref) séjour en prison en compagnie de détenues mineures, de femmes enceintes et d'autres emprisonnées "avec des bébés". Mais elle a pu bénéficier d'une pièce "un peu plus calme". "Par moments, je n'y croyais pas" (à la possibilité de rentrer en Belgique), a ajouté Mme Sénéchal. Elle faisait partie d'un groupe de sept familles belges qui avaient adopté un enfant orphelin congolais. Mais les enfants n'avaient, dans un premier temps, pas été autorisés à quitter la RDC en raison d'un moratoire d'un an sur les adoptions décrété en septembre 2013 par le gouvernement congolais après la révélation de divers scandales et de craintes, dans l'opinion publique congolaise, que certains enfants soient adoptés par des couples homosexuels.

Mme Sénéchal avait voulu contourner cette interdiction en tentant début avril de faire sortir illégalement sa fille en corrompant deux agents de la Direction générale de Migration (DGM). Ce qui lui avait valu cette condamnation à six mois de prison en "flagrance" (flagrant délit) le 14 avril pour "déplacement illicite d'enfant". Les deux agents de l'immigration congolaise avaient pour leur part écopé de trois mois de prison pour "complicité". Elle a assuré dimanche n'avoir "transgressé aucune loi congolaise", expliquant que le moratoire ne concernait pas les enfants adoptés par les familles belges, n'avait pas d'effet rétroactif - les adoptions dataient d'avril 2013 - et n'était pas assorti de sanctions.

La petite Imany était arrivée le 13 juin à Bruxelles, rejoignant six autres enfants qui avaient déjà retrouvé leur nouvelle famille belge le 27 mai, après de nombreuses démarches diplomatiques. "Oui", a simplement répondu la fillette, tout sourire, à un journaliste qui lui demandait si elle était contente de revoir sa maman adoptive.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, s'était déclaré samedi soir, dans un communiqué, "soulagé" d'annoncer que Mme Sénéchal ait été libérée. Le ministre avait remercié les autorités congolaises "pour leur rôle positif dans l'issue favorable de ce dossier". Il avait également rappelé les nombreux efforts de la diplomatie belge à cette fin. Selon le journal 'Le Monde', plusieurs centaines de familles en Europe - dont environ 200 en France - sont, au delà des sept cas qui ont connu un dénouement en Belgique, concernées par le moratoire sur les adoptions décrété par le gouvernement de Kinshasa.

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