La vie est belle à en mourir

01/06/13 à 18:24 - Mise à jour à 18:24

Source: Le Vif

Cela se passe dans un intérieur aux saveurs de boudoir Napoléon III. La blonde maîtresse de maison a du goût et beaucoup d'argent. Elle fréquente les antiquaires et les revues spécialisées et se construit ainsi la maison de ses rêves.

La vie est belle à en mourir

© Terry Rodgers - The Locus

Ce n'est donc pas "sa" maison mais celle qu'elle offre à voir à ses invités qui lui ressemblent et avec lesquels elle fait la fête. Notre mondaine a tout ce que l'argent offre mais rien de plus. Elle vise le plaisir, ose l'orgie mais s'ennuie. Comme eux. Elle porte les bagues, les bracelets et les colliers de perles, elle boit du vin choisi, exhibe ses dessous raffinés et son visage corrigé par la miraculeuse chirurgie. Mais ses seins et un certain relâchement de la peau du ventre avouent l'age et le temps qui file. La soirée en est-elle à ses débuts prometteurs ou à sa conclusion désabusée? Ici, on fait de toute façon comme si. Aucune tension, aucun apaisement non plus. Il n'y aura pas de drame ni de passion. Aucun croisement de regard. Silence. Le décor Napoléon III restera en ordre. On est entre personnes bien élevées. Cette Amérique des trentenaires désenchantés fascine Terry Rodgers. Après avoir photographié ces acteurs, il procède à une véritable collage et monte peu à peu sa composition. Il passe alors à la peinture, lui l'autodidacte venu à cet art difficile à la suite de sa fascination pur Velasquez et Manet.

Guy Gilsoul

Bruxelles, Aéroplastics Contemporary. 32 rue Blanche. Du 6 juin au 27 juillet. Ma-SA 14-18h. www.aeroplastics.net

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