La tension monte en RDC à trois semaines des élections

07/11/11 à 22:45 - Mise à jour à 22:45

Source: Le Vif

La tension s'exacerbe à trois semaines des élections en République démocratique du Congo (RDC) où des heurts ont opposé à Lubumbashi (sud-est) des partisans de la majorité et de l'opposition, dont une télévision a été coupée après un appel à la violence de l'opposant Etienne Tshisekedi.

La tension monte en RDC à trois semaines des élections

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Des militants de l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS, opposition) d'un côté, et du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD, au pouvoir) et de l'Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec) de l'autre, se sont affrontés à coups de pierres ce lundi dans le chef-lieu de la province du Katanga (sud-est), a constaté l'AFP.

Les heurts ont paralysé une partie de la ville, où des vitres de commerces ont été brisées, des banques fermées, un véhicule avec des vivres pillé et des passants dévalisés. La police s'est interposée entre les deux groupes et le calme est revenu en fin de journée. Samedi, des heurts entre pro-UDPS et pro-Unafec avaient déjà fait une quinzaine de blessés.

Ces incidents interviennent en pleine campagne électorale pour la présidentielle et les législatives du 28 novembre - deux scrutins à un seul tour.

Tshisekedi (UDPS) s'autoproclame président et lance un ultimatum

Dimanche soir, dans une interview au téléphone sur la Radio Lisanga Télévision (RLTV), émettant depuis Kinshasa, le leader de l'UDPS et candidat à la présidence, Etienne Tshisekedi, s'est autoproclamé "président de la République" et a lancé au "gouvernement un ultimatum de 48 heures" pour relâcher ses "combattants" arrêtés lors de manifestations récentes, notamment dans la capitale congolaise. "Sinon j'appelle les combattants partout dans le pays à aller dans les prisons, à casser les portes des prisons et à libérer ces combattants", a-t-il menacé, depuis l'Afrique du Sud où il se trouve actuellement.

A la suite de ces propos, le gouvernement a coupé le signal de la RLTV, propriété d'un député de l'opposition. Il s'agit d'une "mesure conservatoire" avant l'examen du dossier par l'autorité de régulation des médias, a précisé le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga.

M. Tshisekedi doit revenir cette semaine en RDC, à Kisangani, (nord-est), selon son parti, après une tentative avortée la semaine dernière.

Kyungu (Unafec) n'est pas en reste

L'Unafec, un parti dirigé par Gabriel Kyungu wa Kumwanza qui préside l'assemblée provinciale du Katanga, n'est pas reste de provocations lui non plus. L'ONG Human Rights Watch (HRW) a récemment relevé que M. Kyungu avait ces derniers mois "fréquemment employé un langage agressif et provocateur" contre les personnes originaires de la province voisine du Kasaï oriental, terre natale du leader de l'UDPS, Etienne Tshisekedi.

Dans un communiqué publié ce lundi, l'Association africaine de défense des droits de l'Homme (Ashado) s'est déclarée "vivement préoccupée par les propos anti-démocratiques" tenus par MM. Tshisekedi et Kyungu, qui "ne favorisent pas l'organisation d'élections apaisées".

Goma : enlèvement d'un chanteur proche de l'opposant Vital Kamerhe

Des violences pré-électorales ont également eu lieu dimanche à Goma, chef-lieu du Nord Kivu (est), où des jeunes ont dressé des barricades dans la principale rue de la ville en réaction à la disparition du chanteur local Fabrice Mufirista, proche de l'opposant Vital Kamerhe, un ancien proche du président Joseph Kabila qui se présente aussi comme candidat à la présidentielle.

Enlevé vendredi soir à Goma par des hommes armés non identifiés, le chanteur, très connu dans la région, a été retrouvé vivant ce lundi matin en banlieue de la ville, "ligoté et les yeux bandés, dans un état de traumatisme avancé", selon les autorités provinciales.

Le jour de l'ouverture de la campagne électorale le 28 octobre, à Mbuji-Mayi, capitale du Kasaï Oriental, une fillette de 13 ans avait été tuée par une balle perdue tirée par un policier -interpellé depuis- pour disperser une marche de l'opposition.

Levif.be, avec Belga

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