La situation depuis l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem

18/05/18 à 18:33 - Mise à jour à 18:32

Source: Afp

Rappel des développements depuis l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem le 14 mai, journée marquée par la mort de dizaines de Palestiniens tués par des tirs israéliens à la frontière entre Israël et la bande de Gaza.

La situation depuis l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem

© AFP

Bain de sang

Le 14 mai, des dizaines de milliers de Palestiniens se réunissent devant la barrière qui sépare la bande de Gaza d'Israël. Les manifestations coïncident avec l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade des Etats-Unis, qui entérine la reconnaissance par les Etats-Unis de la ville comme la capitale d'Israël.

Rapidement, des heurts éclatent avec les forces israéliennes postées sur la barrière de sécurité.

Cinquante-neuf Palestiniens sont tués par des tirs israéliens et au moins 2.400 sont blessés. Un haut responsable du Hamas affirmera que la très grande majorité des Palestiniens tués appartenaient au mouvement.

Depuis le 30 mars, les Palestiniens manifestaient le long de la frontière pour le droit des réfugiés à revenir sur les terres de 1948, date de la création d'Israël. En tout, 116 Palestiniens ont été depuis tués par des tirs israéliens.

"Crimes de guerre"

La "marche du retour" des Palestiniens de la bande de Gaza a connu son pic de violences le lundi 14 mai avec près de 60 morts.

La "marche du retour" des Palestiniens de la bande de Gaza a connu son pic de violences le lundi 14 mai avec près de 60 morts. © Ibraheem Abu Mustafa/Reuters

La direction palestinienne accuse Israël de commettre un "horrible massacre", exigeant une "intervention internationale immédiate". Paris "condamne les violences". Amnesty International dénonce des "crimes de guerre".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu justifie l'usage de la force par le droit d'Israël à défendre ses frontières contre les agissements "terroristes" du Hamas. Washington dénonce la "responsabilité" du mouvement islamiste.

Le 15, la Ligue arabe appelle la Cour pénale internationale à enquêter sur "les crimes de l'occupation israélienne".

Le président turc Recep Tayyip Erdogan qualifie Israël d'"Etat d'apartheid" et accuse Benjamin Netanyahu d'avoir "du sang palestinien sur ses mains". Ankara demande à l'ambassadeur d'Israël, puis au consul israélien, de quitter le pays temporairement. Israël ordonne au consul général turc à Jérusalem de partir.

Soutien américain

M. Netanyahu accuse le Hamas de "pousser les civils, les femmes, les enfants, dans la ligne de feu pour qu'il y ait des morts".

Le Koweït annonce vouloir une "protection internationale" pour les civils palestiniens, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. Les Etats-Unis louent "la retenue" d'Israël.

L'inauguration de l'ambassade américaine est un "prétexte" du Hamas pour "encourager la violence", déclare le département d'Etat américain.

Le 16, le Guatemala inaugure à Jérusalem sa nouvelle ambassade en Israël.

Le lendemain, l'armée israélienne mène des frappes contre le Hamas en affirmant riposter à des coups de feu tirés en direction de soldats postés le long de la frontière, et à des tirs de mitrailleuse lourde qui ont atteint Sdérot, près de la bande de Gaza.

Enquête de l'ONU

La Ligue arabe demande au Conseil de sécurité de "prendre les mesures nécessaires pour former une commission d'enquête internationale", et condamne le transfert de l'ambassade américaine.

Le 18, le Koweït transmet à ses 14 partenaires un projet de résolution appelant à l'envoi d'une "mission de protection internationale".

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU adopte une résolution pour envoyer une équipe internationale spécialisée dans les crimes de guerre enquêter sur les événements à Gaza. Israël dénonce "hypocrisie et absurdité".

M. Erdogan accueille un "sommet extraordinaire" de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) à Istanbul, où se déroule un rassemblement de soutien aux Palestiniens.

Nos partenaires