"La Russie fait son possible pour créer un prétexte pour envahir l'Ukraine"

05/03/14 à 07:17 - Mise à jour à 07:17

Source: Le Vif

Les États-Unis ont accusé mardi la Russie de chercher un "prétexte" pour "envahir" l'Ukraine, nouvelle étape dans la confrontation entre les deux puissances qui doivent se retrouver face à face ce mercredi à Paris.

"La Russie fait son possible pour créer un prétexte pour envahir l'Ukraine"

© AFP

S'exprimant pour la première fois à Kiev depuis l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle équipe marquée par son attachement à l'Europe, le secrétaire d'État américain John Kerry a pris son ton le plus ferme pour critiquer le président Vladimir Poutine. "Je pense qu'il est clair que la Russie fait tout son possible pour créer un prétexte pour pouvoir envahir davantage l'Ukraine", a dénoncé le chef de la diplomatie américaine lors d'une conférence de presse.

Dans le même temps à Washington, le président Barack Obama a carrément mis en doute la bonne foi de Vladimir Poutine affirmant que ses déclarations "ne trompent personne".

Après plus de trois mois de crise politique dans l'ex-république soviétique aboutissant à la destitution du président Viktor Ianoukovitch, la prise de contrôle de la plus grande partie de la Crimée par des forces russes a provoqué des tensions inédites depuis la chute de l'URSS entre Moscou et les pays occidentaux.

"Si la Russie ne choisit pas de mettre fin à l'escalade", a renchéri M. Kerry, "nos alliés n'auront pas d'autre choix que de se joindre à nous pour continuer à aller au-delà des mesures que nous avons prises ces derniers jours pour isoler la Russie sur le plan politique, diplomatique et économique", a-t-il averti.

"Il a vraiment nié la présence de troupes en Crimée ?" Dénonçant un "acte d'agression" de la Russie contre l'Ukraine, le responsable américain a toutefois assuré ne pas chercher la "confrontation" avec Moscou.

Le secrétaire d'État américain s'est étranglé lorsqu'un journaliste lui a demandé de réagir au démenti du président russe Vladimir Poutine, qui a évoqué des groupes "d'autodéfense". "Il a vraiment nié la présence de troupes en Crimée?" a-t-il demandé.

Un peu plus tôt, le président russe était en effet sorti de son silence pour nier toute implication russe en Ukraine et dénoncer un "coup d'État" contre le "seul président légitime", Viktor Ianoukovitch.

Un émissaire de l'ONU en Crimée

Par ailleurs, un émissaire des Nations unies est arrivé mardi en Crimée pour "évaluer la situation", a indiqué le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky. Le vice-secrétaire général de l'ONU Jan Eliasson, actuellement en visite à Kiev, "a demandé à Robert Serry de se rendre en Crimée pour évaluer la situation", a précisé le porte-parole. Il n'a pas donné le programme de cette visite.

M. Serry avait dû annuler samedi une visite prévue en Crimée en raison des tensions sur place et pour des raisons logistiques, selon l'ONU.

M. Eliasson se trouve pour sa part toujours à Kiev, où il a eu mardi des entretiens avec les autorités de transition, dont le président, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères, a indiqué M. Nesirky.

Selon les comptes-rendus de ces entretiens fournis par l'ONU, M. Eliasson a "souligné l'importance de trouver une solution diplomatique et politique" à la crise et "de préserver la souveraineté et l'intégrité territoriale" de l'Ukraine. Il a également salué "la réponse mesurée" des autorités ukrainiennes à cette crise.

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