"La Russie a mis fin à son partenariat avec l'Europe"

01/09/14 à 19:57 - Mise à jour à 20:42

La Russie a "de facto mis fin à son partenariat" avec l'Europe, a déclaré lundi à Gdansk, en Pologne, le président allemand Joachim Gauck, invoquant "un nouveau conflit armé aux confins de l'Europe", en Ukraine.

"La Russie a mis fin à son partenariat avec l'Europe"

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"Nous souhaitons un partenariat et des relations de bon voisinage" avec la Russie dans l'avenir, mais à condition que Moscou change sa politique et qu'il y ait un "retour au respect des droits des peuples", a dit M. Gauck dans un discours prononcé à l'occasion du 75e anniversaire du début de la 2e guerre mondiale.

Après avoir évoqué le "miracle" du rapprochement entre Allemands et Polonais, en dépit des souffrances infligées à ces derniers par les nazis, le président Gauck a exprimé sa déception causée par l'évolution de la Russie.

"Nous avons cru et nous voulions croire que la Russie également, le pays de Tolstoï et de Dostoïevski, pouvait faire partie de l'ensemble de l'Europe".

"Et ce fut un choc quand nous avons été confrontés à un nouveau conflit armé aux confins de l'Europe. Un affrontement armé pour établir de nouvelles frontières et un ordre nouveau. C'est un fait: la stabilité et la paix sur notre continent sont à nouveau en danger", a poursuivi le président allemand.

"Après la chute du Mur, l'Union européenne, l'Otan et le groupe des grands pays industrialisés ont développé des relations spéciales avec la Russie et intégré ce pays parmi eux de différentes manières. Ce partenariat a été de facto rompu par la Russie", a-t-il dit.

"Nous souhaitons un partenariat et des relations de bon voisinage (avec la Russie) également dans l'avenir, mais ce retour doit avoir pour fondement un changement de la politique russe et le retour au respect des droits des peuples", a-t-il conclu.

Le président polonais Bronislaw Komorowski, qui a pris la parole avant M. Gauck, a lui aussi déploré "le recours à un arsenal de moyens militaires contre un voisin" et le fait que "la paix et l'ordre international soit troublés au nom de l'ambition personnelle, de la grandeur ou de la zone d'influence".

"Les mêmes dangers avaient menacé de destruction et fait souffrir l'Europe au XXe siècle", a-t-il observé, appelant "au courage et à la détermination" pour s'opposer "à ceux qui menacent l'ordre international, la paix et la liberté".

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre polonais Donald Tusk avait mis en garde contre le risque d'une guerre "non seulement dans l'est de l'Ukraine", et demandé que la solidarité européenne et euro-atlantique "prenne une dimension pratique".

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