"La notion de démocratie au Moyen-Orient est une farce"

07/08/17 à 14:08 - Mise à jour à 14:08
Du Le Vif/L'Express du 04/08/17

Dans La Langue oubliée de Dieu (1), l'écrivain libano-canadien Saïd Ghazal puise dans les souvenirs de ses grands-parents, qui ont dû fuir la Turquie au moment du génocide de 1915, la source de son combat pour la pérennité de la langue syriaque, celle qui était parlée du temps de Jésus. Aujourd'hui autant menacée que l'existence même des chrétiens d'Orient.

Pourquoi avoir choisi de consacrer un livre à la langue syriaque à travers les souvenirs de vos grands-parents ?

Les Syriaques, les Chaldéens, les Assyriens, toutes ces minorités chrétiennes font l'actualité aujourd'hui : quand ce n'est pas pour un génocide, c'est pour un exode. Mais des événements de 1914-1915 en Turquie, l'histoire n'a retenu que le génocide arménien ; elle a oublié celui perpétré contre les Syriaques, qui a fait quelque 250 000 morts. Ma grand-mère nous racontait des épisodes de leur vie en Turquie avant de devoir prendre le chemin de l'exil. Ils étaient tous étroitement liés à la langue syriaque. A l'époque, elle était encore parlée au quotidien à la maison. Aujourd'hui, elle est en voie d'extinction. C'est pourtant une langue millénaire, sémitique, qui se rapproche de l'hébreu, du chaldéen, de l'assyrien. On parle peu de cette agonie, surtout de façon romanesque. C'est pourquoi j'ai décidé d'en faire le thème de mon livre. L'intention était d'évoquer les traditions et la culture de mes grands-parents en tant que représentants de toute une communauté. Pourquoi l'avoir titré La Langue oubliée de Dieu ? Parce que le syriaque, ou l'araméen, était parlé par Jésus, le fils de Dieu....
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