"La misogynie et la répression ont les mêmes racines, qui plongent dans la culture patriarcale"

27/10/16 à 20:40 - Mise à jour à 20:42

Source: Le Vif/l'express

Première Iranienne présidente d'un tribunal de grande instance, Shirin Ebadi a payé au prix fort sa résistance et son courage. Dans son autobiographie, Pour être enfin libre, la prix Nobel de la paix 2003, aujourd'hui exilée à Londres, retrace son itinéraire et réaffirme ses espérances.

Dans votre livre, vous évoquez l'amertume et l'isolement qu'engendre l'exil. Mais vous décrivez également votre incroyable activisme en faveur des droits humains en Iran. Comment poursuivez-vous le combat ?

Jusqu'en 2009, je me trouvais en Iran, où j'étais très active, j'ai notamment créé plusieurs ONG. C'est en raison de ce militantisme que mon bureau a été fermé, que mes collaborateurs ont été emprisonnés (certains d'entre eux sont toujours derrière les barreaux) et que j'ai été forcée à l'exil. C'est un combat continu, il faut le poursuivre sans relâche. Il y a deux semaines, ma proche collaboratrice Narguesse Mohammadi, journaliste et vice-présidente du Centre des défenseurs des droits humains en Iran, a été condamnée en appel à seize ans de prison. Elle est incarcérée à Téhéran en compagnie d'une trentaine d'autres féministes. Les autorités pensaient qu'en enfermant Narguesse elles la feraient taire et mettraient fin à ses activités. Or elle a réussi depuis sa cellule à déclencher une campagne extrêmement productive de " défense des mères prisonnières ". Pourquoi est-ce si important ? Parce que les hommes qui sont emprisonnés en Iran ont à leur disposition une carte téléphonique et ont le droit d'appeler leurs proches une fois par semaine. Ce droit était refusé aux femmes emprisonnées pour des délits d'opinion, y compris aux mères de famille - c'est le cas de Narguesse, qui a deux enfants d'une dizaine d'années. Narguesse a réussi à mener à bien son combat : les femmes ont maintenant le droit de téléphoner à leurs proches dans les mêmes conditions que les hommes.
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