La mesure extrême de l'Australie contre les immigrés clandestins

30/10/16 à 10:47 - Mise à jour à 10:47

Source: Afp

Le gouvernement australien compte interdire de séjour -à vie- les réfugiés qui tentent de débarquer clandestinement sur ses côtes, a-t-il annoncé dimanche, dans un nouveau durcissement d'une des politiques d'immigration les plus sévères au monde.

La mesure extrême de l'Australie contre les immigrés clandestins

Camp de rétention de l'île de Manus, en 2014. © AAP/Eoin Blackwell/via REUTERS

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a expliqué aux journalistes qu'il comptait soumettre au plus vite au Parlement ce projet de loi, qui aurait un effet rétroactif, et s'appliquerait ainsi aux centaines de migrants relégués depuis des années par l'Australie dans des camps de détention offshore.

Aux termes de ce texte, les personnes ayant tenté illégalement d'entrer en Australie ne pourront jamais prétendre à un visa, qu'il soit de tourisme ou d'affaires.

Le chef du gouvernement a présenté cette mesure comme "un message absolu, inflexible et sans équivoque" aux candidats à l'entrée illégale en Australie.

"C'est un combat entre les Australiens, représentés par son gouvernement, et les gangs criminels de trafiquants humains", a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec son ministre de l'Immigration Peter Dutton.

"Personne ne doit sous-estimer l'ampleur de la menace de ces trafiquants qui sont les pires criminels que l'on puisse imaginer et qui gèrent un business de plusieurs milliards de dollars."

Au nom de la lutte contre les gangs de passeurs et de la nécessité de dissuader les migrants tentant la périlleuse traversée vers l'Australie, Canberra mène depuis des années une politique très dure vis-à-vis des migrants et repousse systématiquement les bateaux tentant de gagner illégalement ses côtes.

Les migrants qui y parviennent sont relégués pour des durées indéterminées dans des camps de rétention sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, sur la minuscule île du Pacifique de Nauru, ou sur l'île Christmas, dans l'océan Indien, le temps que leur demande d'asile soit instruite.

Même si leur requête est jugée fondée, ils ne sont pas autorisés à s'installer sur le sol australien. Ils ont le choix entre les îles, un pays tiers ou rentrer dans leur pays.

Les organisations de défense des droits de l'Homme ont multiplié les rapports pour dénoncer les conditions de détention dans ces camps, et le "désespoir absolu" de ses occupants, selon Amnesty International.

Le projet de loi prévoit son applicabilité à partir du 19 juillet 2013, quand l'ex-Premier ministre travailliste Kevin Rudd avait annoncé: "A partir de maintenant, tout demandeur d'asile qui arrivera en Australie par bateau n'aura aucune chance d'être autorisé à rester dans le pays comme réfugié".

Une exemption est prévue dans le texte pour les enfants.

Un peu plus de 400 hommes, femmes et enfants sont détenus à Nauru. Celui de Manus compte 800 hommes et l'île Christmas plusieurs centaines d'autres demandeurs d'asile.

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