La marée FN

05/12/15 à 10:34 - Mise à jour à 10:31

Source: Le Vif/l'express

Ce sont des élections régionales... mais la campagne fut ponctuée d'événements nationaux voire mondiaux, de la crise des migrants aux attentats de Paris. Et marquée par la progression de l'extrême droite dans les esprits. Jusqu'à quel point se traduira-t-elle dans les urnes ?

Il est 20 heures, ce lundi, quand le président de la République apparaît à la télévision pour une déclaration solennelle. Il "sor[t] de la réserve qu'exige [s]a fonction", annonce-t-il d'emblée - c'est dire si l'heure est grave -, avant de pointer "le risque d'abîmer la France". Il s'appelle Jacques Chirac, nous sommes en 1998. Avec presque 15 % des voix, et environ 270 élus sur 1 800, le Front national pèse sur l'élection de plusieurs présidents de région, en raison des tergiversations de dirigeants de droite et du centre. Dix-sept ans plus tard, le FN atteint, selon les sondages, 40 % dans certaines régions. Il pourrait arriver en tête au soir du premier tour aux quatre coins du pays et paraît en mesure de gagner Nord-Pas-de-Calais-Picardie, peut-être Provence-Alpes-Côte d'Azur. Hypothèse : si ces deux régions basculaient, quelque 11 millions de Français seraient dirigés par l'extrême droite. Selon une étude Ifop-Fiducial pour Paris Match, un quart des électeurs de Nicolas Sarkozy en 2012 déclarent vouloir voter en faveur de Marion Maréchal-Le Pen en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Dans cette même région où l'ancien président a multiplié les meetings de soutien à Christian Estrosi.
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