La Hongrie rejette les critiques européennes

04/09/15 à 18:58 - Mise à jour à 18:58

Source: Belga

Il est inacceptable que la Hongrie soit tellement critiquée par ses partenaires européens alors que le pays ne fait que tenter d'appliquer rigoureusement les règles de l'espace Schengen, a affirmé vendredi à Luxembourg le ministre hongrois des Affaires hongrois, Péter Szijjártó.

La Hongrie rejette les critiques européennes

© REUTERS

Le ministre hongrois des Affaires étrangères

La clôture de barbelés le long de la serbo-hongroise, le chaos des milliers de réfugiés à la gare de Budapest et l'arrêt à l'improviste d'un train bondé à un centre de détention causent bien du tort à l'image de la Hongrie. Jeudi, le Premier ministre Viktor Orbán a défendu sa politique avec des mots très durs à Bruxelles. Tout comme son ministre des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, vendredi à Luxembourg, lors d'une rencontre informelle avec ses homologues européens.

"Nous avons encore demandé à la Commission européenne et à l'Allemagne, et ils ont à nouveau clairement dit que la Hongrie doit appliquer toutes les règles européennes, aussi celles de Schengen", a déclaré M. Szijjártó. "Nous devons donc défendre nos frontières. C'est ce que nous avons fait et ce que nous allons continuer de faire", a-t-il ajouté. Avec plus de 163.000 "migrants illégaux" qui ont pénétré dans le pays, la situation en Hongrie est dramatique, assure encore M. Szijjártó. Il attribue la responsabilité du chaos aux réfugiés. "Ce sont eux qui ne collaborent pas avec les autorités hongroises pour respecter les règles de Dublin".

Selon le ministre, les réfugiés peuvent sans crainte et de manière ordonnée venir en Hongrie, "tant qu'il empruntent les points d'entrée officiels et pendant les heures ouvrables". De cette façon, ils passent pas des zones de transit directement où leur demande d'asile est réglée en quelques jours, affirme-t-il. Les réfugiés ne peuvent pas non plus élire domicile dans les lieux publics. "Il doivent en partir et aller dans les camps de réfugiés où les sanitaires, de la nourriture et de l'eau sont garantis".

Contrairement à M. Orbán qui a parlé jeudi d'un "problème allemand", son chef de la diplomatie n'a cité aucun nom. Il s'est contenté de dire qu'il ne peut y avoir "certains politiques européens qui pointent du doigt d'autres politiques confrontés directement aux défis actuels." La critique est inacceptable, a-t-il soutenu. M. Szijjártó a encore assuré que son pays était prêt à accepter de vrais réfugiés "mais pas de migrants économiques". "L'Europe doit cesser d'offrir de l'espoir et de créer des rêves irréalisables pour ceux qui veulent venir en Europe pour des raisons économiques", a-t-il conclu.

Renforcement de la législation anti-migrants

Dans un même temps, le Parlement hongrois a renforcé vendredi sa législation anti-migrants, face à un afflux sans précédent de réfugiés transitant par ce pays dans l'espoir de rejoindre l'ouest de l'Europe. Proposée par le gouvernement du Premier ministre populiste Viktor Orban, la nouvelle législation renforce notamment les possibilités de déploiement de l'armée aux frontières et rend l'immigration illégale passible de jusqu'à trois ans de prison.

Adopté en urgence et à une large majorité de 140 voix contre 33, l'ensemble de textes proclame l'"état de crise", un échelon hongrois précédant l'état d'urgence et accordant des prérogatives accrues aux pouvoirs publics.

"Une nouvelle ère commencera le 15 septembre", date prévue d'entrée en vigueur de la nouvelle législation, a déclaré dans un communiqué M. Orban, qui revendique depuis plusieurs mois le retour à des prérogatives nationales en matière d'immigration au sein de l'Union européenne.

Nos partenaires