La Guinée équatoriale, un Etat pétrolier, une population pauvre

24/04/16 à 17:32 - Mise à jour à 22/04/16 à 15:19

Source: Afp

La Guinée équatoriale, petit pays d'Afrique centrale, est dirigée depuis 1979 par Teodoro Obiang Nguema, doyen politique des chefs d'Etat africains, qui brigue un nouveau mandat à la présidentielle du 24 avril.

Un règne sans partage

La Guinée équatoriale accède à l'indépendance le 12 octobre 1968, après deux siècles de colonisation espagnole. Francisco Macias Nguema devient président.

Celui-ci règne en maître absolu et son régime, marqué par plusieurs tentatives de coup d'Etat, est accusé d'être à l'origine de milliers de morts et des dizaines de milliers d'exilés.

Le 3 août 1979, Macias Nguema est renversé par un coup d'Etat et son neveu, Teodoro Obiang Nguema, prend le pouvoir à la tête d'un Conseil militaire. L'ex-président sera exécuté avec une dizaine de dignitaires de son régime.

Au fil des années, le président Obiang Nguema et son parti, le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), célèbrent des "triomphes électoraux", avec des scores officiels dépassant à chaque fois les 95%, contestés par l'opposition.

Ces dernières années, les autorités ont dénoncé plusieurs complots visant, selon elles, à renverser le régime.

La tentative la plus aboutie de coup d'Etat remonte à 2004: deux mercenaires, le Britannique Simon Mann et le Sud-Africain Nick Du Toit, ont été condamnés à 34 ans de prison, puis graciés et libérés en 2009. Mark Thatcher, fils de l'ex-Premier ministre britannique Margaret Thatcher, a aussi été incriminé dans cette tentative.

Le régime est régulièrement dénoncé par les organisations des droits de l'homme pour sa violente répression à l'encontre des opposants politiques, des organisations de la société civile et des médias.

Manne pétrolière, mais pas pour tous

La Guinée équatoriale a connu au début des années 1990 un boom pétrolier important, après la découverte puis l'exploitation d'importantes quantités de brut. Plusieurs compagnies pétrolières ou para-pétrolières, en majorité américaines, se sont installées depuis 1992.

Mais le pays, troisième producteur d'Afrique subsaharienne et fortement dépendant des exportations de matières premières, a vu ses recettes chuter lourdement depuis 2014, en raison de la baisse des cours du pétrole.

Comme dans d'autres pays pétroliers, les entreprises ferment ou bien ralentissent leurs chantiers, faute d'argent à disposition.

Si le RNB (revenu national brut) par habitant s'élevait à 10.210 dollars en 2014, un des plus élevés d'Afrique, plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté (2 dollars/jour). Les coupures électriques restent fréquentes.

Autres secteurs économiques: le cacao, le café, le bois et la pêche.

Petit pays d'Afrique centrale

Petit pays d'Afrique centrale d'une superficie de 28.051 km² pour une population de 820.900 habitants (Banque mondiale, 2014), la Guinée équatoriale comprend une partie continentale - sur la côte Atlantique entre le Cameroun et le Gabon - et deux îles principales: Bioko et Annobon. La capitale, Malabo, se trouve sur l'île de Bioko. Bata est la capitale économique, sur la partie continentale.

'Biens mal acquis'

La Guinée équatoriale est souvent dénoncée pour l'ampleur de la corruption. Le fils du président, Teodorin Obiang, est poursuivi depuis 2014 en France dans une affaire dite des "biens mal acquis".

Il est soupçonné de s'être frauduleusement bâti en France, avec des fonds publics de Guinée équatoriale, un patrimoine immobilier et mobilier "estimé à plusieurs centaines de millions d'euros", selon une source proche de l'enquête.

En décembre 2015, la Cour de cassation française a rejeté le pourvoi formé par Teodorin Obiang qui demandait l'annulation de son inculpation en invoquant l'immunité dont il bénéficierait en tant que deuxième vice-président de son pays.

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