La France sous la menace de Ben Laden ?

28/10/10 à 10:14 - Mise à jour à 10:14

Source: Le Vif

Oussama ben Laden, le chef d'Al-Qaïda, a exigé le retrait de la France d'Afghanistan et justifié la prise d'otages de Français au Sahel dans un nouveau message sonore cité par la chaîne de télévision Al-Jazira. L'authenticité du message a été vérifiée, selon le ministère français des affaires étrangères.

La France sous la menace de Ben Laden ?

© Reuters

"Ce message, dont l'authenticité peut être considérée comme acquise au vu des premières vérifications, ne fait que confirmer la réalité de la menace terroriste contre laquelle les autorités françaises ont pris et continuent de prendre les mesures appropriées pour assurer la sécurité du territoire et des ressortissants français", a dit le porte-parole du ministère, Bernard Valero.

"Les autorités françaises sont pleinement mobilisées pour obtenir la libération des 7 otages enlevés le 16 septembre au Niger. Ces déclarations de Ben Laden ne changent en rien notre appréciation de la situation de nos otages et n'entameront évidemment en rien nos efforts pour obtenir leur libération", a-t-il ajouté lors d'un point de presse. "La France continuera à lutter contre le terrorisme aux côtés de ses partenaires", a-t-il conclu.

"Message au peuple français"

"Le seul moyen de préserver votre sécurité est de vous retirer de la guerre de (l'ancien président américain George) Bush en Afghanistan", a affirmé Ben Laden dans son message dont la chaîne qatarie Al-Jazira a diffusé des extraits.

"Tout comme vous tuez, vous êtes tués. Tout comme vous prenez des prisonniers, vous êtes pris en otages. Comme vous menacez notre sécurité, nous menaçons votre sécurité", a lancé Ben Laden dans son message, intitulé "message au peuple français" selon Al-Jazira.

Il estime en outre qu'il est "du droit" des musulmans de riposter à l'interdiction du voile islamique intégral en France en utilisant la violence contre les "envahisseurs" français.

Possible retrait des troupes Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a déclaré ce matin que "les premiers retraits d'Afghanistan" pourraient avoir lieu en 2011, soulignant que cela n'avait "absolument aucun lien" avec le message d'Oussama ben Laden.

"Il y a un rendez-vous qui a été fixé par l'Otan dans le cadre de la nouvelle stratégie c'est le début de l'année 2011: en 2011, nous allons transférer toute une série de districts aux Afghans", a fait valoir le ministre. "A ce moment-là, il pourra y avoir les premiers déplacements ou retraits des forces alliées d'Afghanistan". A ce jour, environ 3.750 soldats français sont stationnés en Afghanistan.

"Une revendication récurrente"

"Les mouvances islamistes radicales évoquent à chaque fois notre présence en Afghanistan, c'est une revendication récurrente", a commenté Hervé Morin, affirmant qu'il n'est "pas impossible" que ce soit bien le chef d'Al-Qaeda qui parle dans ce message même s'il est "trop tôt pour le dire".

Rappelant que la France est présente en Afghanistan depuis 2001 et "y a fait des efforts considérables" avec "50 compatriotes qui y ont perdu la vie", le ministre a souligné que des "progrès" ont été faits sur ce territoire.

Sur la zone de Surobi (est) dans laquelle "la stabilisation et la pacification sont réellement assurées", "nous espérons au cours de l'année 2011 que nous pourrons transférer la responsabilités aux Afghans", selon lui.

Car "l'armée afghane est en train de progresser. Je l'ai connue quand je suis arrivé au ministère de la Défense, disons cela comme ça, c'était une armée de pieds nickelés, aujourd'hui c'est une vraie armée", a-t-il ajouté, affirmant que les Afghans qui étaient "des guerriers" sont devenus "des soldats".

Une vigilance "totale"

La menace terroriste en France est "réelle" et la "vigilance est totale", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, après les menaces proférées contre la France.

"En l'état actuel de nos informations, ces déclarations ne font que justifier le maintien de notre réponse face à la menace terroriste", avec le plan de sécurité Vigipirate maintenu au niveau "rouge", dernier cran avant le niveau écarlate déclenché en cas de risque d'attentat imminent, a-t-il ajouté.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué le 21 septembre l'enlèvement cinq jours plus tôt sur le site d'une mine d'uranium du groupe français Areva à Arlit (nord du Niger) de cinq Français, d'un Togolais et d'un Malgache.

Les autorités françaises ont assuré qu'elles étaient prêtes à engager des pourparlers avec Aqmi pour obtenir la libération de ces otages.

Selon des sources maliennes et françaises, les otages sont détenus dans des collines désertiques du Timétrine, dans le nord-est du Mali, à une centaine de kilomètres de l'Algérie.

Des menaces "inacceptables"

"Ces menaces inacceptables ne sont pas nouvelles", a déclaré Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, estimant que le chef du réseau Al-Qaïda avait fait preuve d'"opportunisme" en faisant ses déclarations.

"Nous n'avons pas été étonnés et nous maintenons un niveau de vigilance et de préparation dans tous les sens du terme extrêmement élevé et nous continuerons", a ajouté le ministre français en marge d'une réunion diplomatique.

Le Vif.be, avec L'Express.fr et Belga

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