La France et l'Espagne à l'origine des interceptions attribuées à la NSA

29/10/13 à 20:39 - Mise à jour à 20:39

Source: Le Vif

Les interceptions téléphoniques pratiquées en France et en Espagne et attribuées dans la presse européenne à la NSA ont été réalisées par les services secrets français et espagnols qui les ont partagé avec l'agence américaine, a rapporté mardi le Wall Street Journal.

La France et l'Espagne à l'origine des interceptions attribuées à la NSA

© Reuters

Le Monde en France et El Mundo en Espagne ont rapporté ces derniers jours, sur la base de documents fournis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden, que l'agence américaine chargée des interceptions des communications avait espionné plus de 70 millions de communications téléphoniques en France et 60 millions en Espagne en l'espace d'un mois.

Mais selon le Wall Street Journal, "des responsables américains affirment que les documents fournis par Snowden ont été mal interprétés et évoquent en fait des interceptions téléphoniques réalisées par les services de renseignement français et espagnol et ensuite partagés avec la NSA". La NSA n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.

Après avoir étudié le document publié par Le Monde, les responsables américains ont déterminé qu'il avait été "assemblé" par la NSA "sur la base de données reçues du renseignement français", affirme le quotidien, citant des responsables sous le couvert de l'anonymat.

Ils ont également déterminé que ces interceptions n'avaient pas été réalisées depuis le territoire français mais depuis l'étranger. "Les données ne montrent pas que les Français ont espionné leurs citoyens en France", affirme le quotidien.

Ces responsables n'ont pas été en mesure d'examiner les documents révélés par El Mundo mais sont arrivés à la même conclusion, ajoute-t-il. "Les Etats-Unis veulent rétablir les faits sur l'étendue de l'espionnage de la CIA mais le faire dans ce cas risque de révéler les opérations de renseignement d'alliés, ce qui compromettrait la coopération à l'avenir, ainsi que les activités de renseignement en cours", explique encore le WSJ.

Les accusations dans la presse européenne contre la NSA "complètement fausses" Les révélations des quotidiens français Le Monde, espagnol El Mundo et italien L'Espresso sur l'interception de communications des citoyens européens par la NSA sont "complètement fausses", a déclaré mardi le patron de l'agence de renseignement américaine, le général Keith Alexander, lors d'une audition devant la commission du Renseignement de la Chambre des représentants.

"Pour être parfaitement clair, nous n'avons pas recueilli ces informations sur les citoyens européens", a-t-il affirmé, précisant qu'il s'agissait de "données fournies à la NSA" par des partenaires européens.

Le Monde et El Mundo ont rapporté ces derniers jours, sur la base de documents fournis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden, que l'agence américaine chargée des interceptions des communications avait espionné plus de 70 millions de communications téléphoniques en France et 60 millions en Espagne en l'espace d'un mois.

De son côté, le quotidien italien L'Espresso, citant le journaliste Glenn Greenwald, à l'origine des révélations d'Edward Snowden, a indiqué que les Italiens ont été espionnés par les services américains et britanniques.

"Les affirmations des journalistes en France, en Espagne, en Italie selon lesquelles la NSA a intercepté des dizaines de millions d'appels téléphoniques sont complètement fausses", a affirmé le général Alexander. "Ils n'ont, comme la personne qui a volé les données classifiées, pas compris ce qu'ils avaient devant les yeux".

Le directeur de la NSA a par ailleurs confirmé des révélations du Wall Street Journal selon lesquelles les interceptions téléphoniques pratiquées dans ces pays et attribuées à la NSA l'avaient été par les services secrets européens et ensuite "fournies" à l'agence américaine.

Ces interceptions ne concernaient pas non plus les citoyens français ou espagnols mais des opérations dans des pays où les pays de l'Otan sont impliqués, a-t-il confirmé.

Interrogé sur le fait de savoir si la NSA partageait ses informations avec les "alliées européens" et si ces derniers partageaient les leurs avec l'agence américaine, le général Alexander a répondu par l'affirmative.

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