La France commémore la prise d'otages de l'Hyper Cacher, un an après

09/01/16 à 09:29 - Mise à jour à 13:15

Source: Afp

La France commémorait samedi la prise d'otages sanglante dans l'Hyper Cacher, où quatre juifs ont été tués par le jihadiste Amédy Coulibaly, le 9 janvier 2015, au lendemain du meurtre d'une jeune policière municipale, à laquelle un hommage a aussi été rendu.

La France commémore la prise d'otages de l'Hyper Cacher, un an après

L'Hyper Cacher, porte de Vincennes, après l'assaut donné par le GIGN. © BELGAIMAGE/Eric Feferberg

Le président François Hollande a dévoilé en fin de matinée à Montrouge, en banlieue parisienne, une plaque "à la mémoire de Clarissa Jean-Philippe", la policière municipale de 26 ans "assassinée en ce lieu le 8 janvier 2015, victime du terrorisme, dans l'accomplissement de son devoir".

Un choeur d'enfants a entonné la Marseillaise et une minute de silence a été observée lors de cette brève cérémonie sans discours.

Des plaques similaires avaient été dévoilées mardi à Paris en hommage aux victimes du journal satirique Charlie Hebdo, au policier Ahmed Merabet et aux quatre Juifs tués dans l'Hyper Cacher. Les attentats de janvier 2015, qui ont fait basculer la France dans une nouvelle ère de menace jihadiste, avaient fait 17 morts en tout.

Les attentats de janvier ont été suivis tout au long de l'année 2015 par d'autres attaques ou projets, souvent avortés. Le 13 novembre, des attaques multiples ont fait 130 morts à Paris.

Pour défendre un "islam de concorde" face "au risque d'amalgame et de stigmatisation", le Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance représentative des mosquées en France, organise de son côté ce week-end un "thé de la fraternité" avec une opération portes ouvertes dans des centaines de mosquées.

Clarissa Jean-Philippe avait été tuée en pleine rue au lendemain de l'attaque contre Charlie Hebdo, lorsqu'elle avait été appelée sur un banal accident de la circulation. Amédy Coulibaly avait alors surgi et assassiné la jeune femme. Les enquêteurs se demandent s'il ne visait pas initialement une école juive qui se trouve à proximité.

Le lendemain, le 9 janvier, Coulibaly prenait en otages les clients et employés d'un supermarché casher à Paris, tuait quatre d'entre eux avant d'être abattu par la police. A peu près au même moment, les frères Kouachi, tueurs de Charlie Hebdo, étaient abattus lors d'un assaut policier contre l'imprimerie de région parisienne où ils s'étaient retranchés au troisième jour de leur fuite.

Dans une vidéo, Coulibaly s'était réclamé de l'EI, tandis que les Kouachi avaient invoqué Al-Qaïda.

'Arbre du souvenir'

Un "rassemblement unitaire d'hommage" aux victimes des attentats de janvier se tiendra à 18H30 GMT, à l'issue du shabbat - le repos juif de fin de semaine -, devant le supermarché casher situé en périphérie est de Paris, à l'appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), et en présence du Premier ministre Manuel Valls, du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et du dirigeant du Conseil français du culte musulman (CFCM) Anouar Kbibech.

Le président du parti de droite Les Républicains Nicolas Sarkozy assistera aussi à cette cérémonie.

"En dépit d'un traumatisme durable, la vie a repris son cours. Avec le sentiment d'une fraternité retrouvée", se réjouit avec le recul le grand rabbin de France, Haïm Korsia.

Mais si la communauté juive s'est habituée à la présence, rassurante et impressionnante à la fois, de soldats devant plus de 700 synagogues, écoles juives, centres communautaires, l'inquiétude persiste et les doutes devant l'avenir se lisent notamment dans l'émigration vers Israël (aliyah, "montée" en hébreu). La France a vécu en 2015 une deuxième année consécutive record, avec près de 7.900 départs.

"Je ne me sens plus en sécurité ici. En tant que juifs, nous sommes une cible privilégiée, dans un pays qui est lui-même une cible", analyse ainsi Noémie, survivante de l'Hyper Cacher.

La semaine de commémoration des attentats de janvier prendra fin dimanche, avec un hommage populaire place de la République, dédié aux près de 150 personnes tuées en France par des jihadistes en 2015.

Une plaque sera dévoilée au pied d'un "arbre du souvenir", un chêne de 10 mètres planté pour l'occasion, puis le chanteur Johnny Hallyday interprétera "Un dimanche de janvier", une chanson saluant la mobilisation populaire après les attentats, qui avait notamment vu plus de 1,2 million de personnes défiler à Paris le 11 janvier 2015.

En savoir plus sur:

Nos partenaires