La flotte russe restera en Crimée

27/04/10 à 15:53 - Mise à jour à 15:53

Source: Le Vif

Malgré les jets d'oeufs et les fumigènes, l'accord controversé sur le maintien jusqu'en 2042 de la flotte russe en Crimée a été ratifié ce mardi par le Parlement ukrainien.

La flotte russe restera en Crimée

© EPA

Le parlement de Kiev (Ukraine) avait, ce mardi matin, l'allure d'une fête foraine qui aurait mal tourné. Alors que le président de la chambre tentait de s'abriter derrière deux parapluies contre les tirs d'oeufs pourris et que des fumigènes étaient lancés dans l'hémicycle (voir la vidéo ci-dessous), une majorité de 236 députés ont voté pour un accord qui prévoit le maintien jusqu'en 2042 de la flotte russe dans la mer Noire.

A Moscou par contre, la Douma (chambre basse) a approuvé le texte dans le calme.

L'enjeu de cet accord porte sur la Crimée. Du point de vue de Moscou, il est essentiel que la flotte russe puisse continuer à stationner dans la région, et plus précisément dans le port de Sébastopol, qui donne accès aux mers du Sud ainsi qu'aux côtes de la Géorgie. Le bref conflit armé qui a opposé la Russie et la Géorgie en août 2008 en a montré la preuve.

Forte de 16.200 hommes, la flotte de la mer Noire est composée d'une quarantaine de bâtiments, dont plusieurs sous-marins et un porte-avions. Son existence remonte au règne de Catherine II, au XVIIIème siècle. Après l'implosion de l'Union soviétique, au début des années 1990, et l'indépendance de l'Ukraine, Kiev et Moscou s'étaient entendus pour mettre fin au bail de la flotte russe en 2017.

Entretemps, le nouveau président de l'Ukraine, Viktor Ianoukovitch, proche de Moscou, qui a pris ses fonctions en février, a jugé que la présence de la flotte russe contribue à la sécurité du continent et ne nuit en rien aux intérêts nationaux de son pays. Mercredi dernier, il a signé avec le président russe, Dmitri Medvedev, un accord sur la prolongation du bail de la flotte pour 25 ans, au-delà de la date prévue pour son expiration. En échange, Kiev bénéficiera d'un rabais de 30% sur les prix du gaz russe.

Dans ce pays qui reste divisé entre partisans d'un rapprochement avec l'Union européenne et ceux restés favorables à Moscou, tout le monde ne le voit pas ainsi. Pour Andri Chkil, député de l'opposition, cité par l'AFP, "ces 236 voix sont celles des laquais du Kremlin".

LExpress.fr

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