La "Déclaration de Bruxelles", pour lutter contre l'exploitation humaine et la prostitution

30/09/13 à 17:47 - Mise à jour à 17:47

Source: Le Vif

La journée d'étude consacrée au 65e anniversaire de la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui a débouché lundi après-midi sur la "Déclaration de Bruxelles" appelant à renforcer la lutte contre l'exploitation d'autrui mais également la prévention de la prostitution.

La "Déclaration de Bruxelles", pour lutter contre l'exploitation humaine et la prostitution

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Organisée à l'initiative de la ministre belge de l'Egalité des chances Joëlle Milquet et de la ministre française des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, cette journée visait à faire le bilan de l'application de cette Convention et des efforts qu'il reste à fournir. La reine Mathilde a assisté à la table ronde réunissant, dans l'après-midi, des ministres européens de l'Egalité des chances.

L'assemblée est tombée d'accord sur l'importance d'une coordination au niveau européen de la lutte et de la prévention. "C'est à l'Europe de lutter, avec Eurojust, Europol et le nouveau parquet européen", a souligné Najat Vaullaud-Belkacem. "L'Europe pourrait par exemple faciliter la saisie des biens, mobiliers et immobiliers, des proxénètes."

Il faut également faire évoluer les mentalités, en réexpliquant qu'il existe une corrélation entre la prostitution et la traite des êtres humains, poursuit la ministre. "Nous devons afficher un message ferme d'abolitionnisme", affirme Mme Vaullaud-Belkacem.

Ce changement des mentalités pourrait passer par des campagnes européennes de sensibilisation, qui permettraient notamment de responsabiliser les clients.

La ministre française est revenue sur la situation en France, où le racolage passif est actuellement puni par la loi. "Nous allons remettre en question cette loi sur le racolage passif et plutôt mettre l'accent sur la responsabilisation des clients", a-t-elle commenté. Joëlle Milquet a pour sa part rappelé que le Code pénal prévoit déjà des poursuites. "Mais il n'est pas appliqué, ou alors de manière variable. Le sujet de la prostitution et de l'exploitation d'autrui est laissé dans un flou un peu artistique et lâche", a-t-elle déploré.

Elle a aussi rappelé l'importance de lutter, à nouveau au niveau européen, contre la prostitution sur internet. "Il faut pouvoir couper rapidement les sites en infraction, en travaillant avec les providers (les fournisseurs d'internet, ndlr)", a-t-elle expliqué.

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