La crise des réfugiés syriens exige une "hausse exponentielle" de la solidarité

30/03/16 à 11:03 - Mise à jour à 11:02

Source: Afp

Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déclaré mercredi à Genève que la crise des réfugiés syriens exigeait "une hausse exponentielle de la solidarité mondiale", en appelant les pays développés à accueillir un demi-million de Syriens d'ici 3 ans.

La crise des réfugiés syriens exige une "hausse exponentielle" de la solidarité

À la frontière gréco-macédonienne. © AFP/Daniel Mihailescu

"Nous sommes ici pour répondre à la plus grande crise de réfugiés et de déplacés de notre temps", a dit M. Ban à l'ouverture d'une conférence internationale de l'ONU destinée à trouver des pays d'accueil. "Ceci exige une hausse exponentielle de la solidarité mondiale", a-t-il ajouté devant les représentants de plus de 90 pays.

Le Secrétaire général a indiqué qu'au moins 480.000 Syriens, soit 10% des réfugiés et déplacés qui ont fui le conflit en Syrie, avaient besoin de trouver un pays d'accueil au cours des trois prochaines années.

"Les voisins de la Syrie ont fait preuve d'une hospitalité exceptionnelle", a-t-il dit. Le Liban, a-t-il rappelé, a accueilli plus d'un million de Syriens, la Turquie plus de 2,7 millions et la Jordanie plus de 600.000.

Mais selon un rapport publié mardi par l'ONG britannique Oxfam, les pays riches n'ont réinstallé que 67.100 réfugiés syriens, soit 1,39% du total.

"Lorsqu'il est bien géré, l'accueil de réfugiés est un gain pour tout le monde", a souligné M. Ban. Les réfugiés "apportent de nouveaux talents et de nouvelles expériences à une main d'oeuvre vieillissante. Les tentatives visant à les diaboliser sont non seulement offensantes mais factuellement incorrectes", a-t-il dit.

M. Ban a rappelé que l'ONU cherchait à trouver une solution politique au conflit qui est entré dans sa 6e année et a déjà fait plus de 270.000 morts.

"Mais en attendant que ces négociations portent leur fruits, le peuple syrien et la région font encore face à une situation désespérée", a-t-il souligné. "Le monde doit aller de l'avant, avec des actions concrètes et des engagements. Tous les pays peuvent faire plus", a-t-il conclu.

Le Haut commissaire aux réfugiés de l'ONU, Filippo Grandi, a pour sa part souligné que les conditions de vie dans les pays voisins de la Syrie étaient "de plus en plus difficiles". Il a indiqué que quelque 90% des réfugiés syriens vivaient sous le seuil de pauvreté et qu'au moins 10% d'entre eux étaient considérés comme "extrêmement vulnérables".

"Nous ne pouvons pas répondre à une crise de réfugiés globale (...) en fermant des portes et en dressant des barrières", a-t-il poursuivi, dans une allusion à l'accord conclu entre l'Union Européenne et la Turquie concernant le renvoi de nouveaux migrants qui arriveraient en Grèce.

Le HCR a exprimé à plusieurs reprises sa préoccupation à l'égard de cet accord visant à mettre un terme aux réseaux de trafiquants, en rappelant que la garantie du droit d'asile devait être prioritaire.

M. Grandi a par ailleurs regretté que plus de 50% des quelque 11 milliards de dollars promis en février à la conférence de donateurs de Londres en faveur de la Syrie et des pays voisins n'aient pas encore été financés.

Selon Oxfam, seuls trois pays riches, le Canada, l'Allemagne et la Norvège, ont fait plus que ce qu'ils étaient censés faire, en matière d'accueil permanent des réfugiés.

Cinq autres (Australie, Finlande, Islande, Suède et Nouvelle-Zélande) se sont également engagés à faire 50% de plus que leur part, alors que les 20 autres pays examinés par Oxfam sont en-dessous des attentes.

Ainsi, la France s'est engagée à ce jour à prendre 1.000 réfugiés syriens, soit 4% des 26.000 qu'elle devrait en principe accueillir.

Les États-Unis, qui ont réinstallé 1.812 réfugiés syriens, et ont indiqué en prendre 10.000 autres, se sont engagés sur 7% des près 171.000 considérés comme étant leur part.

Les Pays-Bas sont également arrivés à 7%, le Danemark à 15% et la Grande-Bretagne à 22%, selon Oxfam.

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