La corvette sud-coréenne a bien été coulée par une torpille nord-coréenne

20/05/10 à 10:59 - Mise à jour à 10:59

Source: Le Vif

Une commission d'enquête internationale a conclu, ce jeudi 20 mai, que le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan, le 26 mars, a été provoqué par une torpille nord-coréenne.

La corvette sud-coréenne a bien été coulée par une torpille nord-coréenne

© Epa

Le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan fin mars a été provoqué par une torpille nord-coréenne, a conclu, le 20 mai, une commission d'enquête internationale.

"Les preuves amènent de manière accablante à la conclusion que la torpille a été tirée par un sous-marin nord-coréen", indiquent les enquêteurs dans un rapport sur le naufrage au cours duquel 46 marins ont été tués.

"Il n'y aucune autre explication possible", estiment-ils, précisant que l'explosion qui a brisé le navire de guerre en deux a été provoquée par une torpille nord-coréenne de 250 kg.

La Corée du Nord a vivement réagi, qualifiant ces accusations "d'affabulations", selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.

"Nous prendrons des mesures énergiques, parmi lesquelles une guerre généralisée, si des sanctions sont imposées à la Corée du Nord", a mis en garde la Commission de la Défense nationale (NDC), le plus puissant organe du régime communiste, cité par Yonhap.

Le communiqué radio-diffusé précise que Pyongyang va envoyer ses propres enquêteurs en Corée du Sud pour vérifier les preuves avancées.

Les Etats-Unis condamnent "fermement l'acte d'agression" de la Corée du Nord, a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, estimant que le rapport de la commission d'enquête se fondait sur "un examen objectif et scientifique des preuves".

Le président Barack Obama a exprimé "sa profonde compassion" à son homologue sud-coréen Lee Myung-Bak et au peuple sud-coréen.

Le secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-moon, a jugé "profondément inquiétantes" les conclusions de l'enquête internationale mettant en cause Pyongyang.

Londres a dénoncé "le mépris flagrant de ses devoirs internationaux" par Pyongyang. "Cette attaque démontre une insensibilité totale pour la vie humaine et un mépris flagrant des devoirs internationaux", a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, dans un communiqué.

Un acte impardonnable

Le Premier ministre japonais, Yukio Hatoyama, a pour sa part jugé "impardonnable" l'acte de la Corée du Nord.

Le président sud-coréen, Lee Myung-Bak, a promis "des mesures énergiques" contre le Nord. La Corée du Sud, grâce à une forte coopération internationale, "devra faire en sorte que la Corée du Nord admette son méfait et redevienne un membre responsable de la communauté internationale", a-t-il indiqué.

De forts soupçons pesaient sur la Corée du Nord depuis le naufrage du Cheonan, corvette de 1.200 tonnes, le 26 mars, au large de l'île de Baengnyeong, près de la frontière maritime avec la Corée du Nord, après une mystérieuse explosion.

Pyongyang a toujours démenti toute implication dans l'une des pires attaques contre la Corée du Sud depuis la mort en 1987 de 115 personnes, après un attentat contre un Boeing de la Korean Airlines, attribué à des agents nord-coréens. Selon les conclusions de l'enquête, l'attaque contre la corvette a probablement été menée par un sous-marin de poche. "Plusieurs petits sous-marins soutenus par un navire d'assistance ont quitté une base navale nord-coréenne située en Mer jaune deux à trois jours avant l'attaque et ont regagné la base deux ou trois jours après", selon le rapport.

Le naufrage a provoqué un grand émoi en Corée du Sud où cinq jours de deuil avaient été décrétés.

Si Séoul semble avoir écarté toute riposte militaire, de peur de déclencher un conflit majeur, il devrait en revanche saisir le Conseil de sécurité de l'ONU afin de demander de nouvelles sanctions contre le Nord. La Chine, proche allié de Pyongyang et qui dispose d'un droit de véto au Conseil de sécurité, pourrait s'opposer à cette demande, à moins qu'elle accepte les preuves fournies par Séoul.

Séoul pourrait également encore réduire les échanges commerciaux avec son voisin.

Levif.be avec L'Express.fr

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