La Corée du Nord tire un nouveau missile en mer du Japon

03/08/16 à 06:59 - Mise à jour à 06:59

Source: Afp

La Corée du Nord a tiré mercredi selon Séoul un nouveau missile qui s'est abattu au large du Japon, dans une apparente démonstration de force contre le déploiement au Sud d'un bouclier antimissile américain.

La Corée du Nord tire un nouveau missile en mer du Japon

© Reuters

Washington a promptement réagi, le département d'Etat affirmant que les Etats-Unis étaient "prêts (...) à nous défendre nous, ainsi que nos alliés contre toute attaque ou provocation".

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a vu dans ce tir "un acte scandaleux" et "une menace sérieuse à la sécurité du pays".

Le ministre de la Défense Gen Nakatani avait auparavant indiqué que le missile était tombé en mer du Japon, dans la Zone économique exclusive (ZEE) de l'archipel, ce qui n'était pas survenu depuis 1998.

Ce nouveau tir, qui constitue une nouvelle violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, intervient à quelques semaines du lancement de nouveaux exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Ces manoeuvres, qui avaient impliqué en 2015 30.000 militaires américains et 50.000 Sud-coréens, sont chaque année une cause de crispation diplomatique sur la péninsule, où la situation est déjà tendue depuis le début de l'année.

Mercredi, le missile a été tiré d'une zone proche de la ville d'Unyul (sud-ouest) vers 07H50 locales (22H50 GMT mardi) en direction de la mer du Japon, a annoncé le ministère sud-coréen de la Défense.

Le projectile a volé sur une distance d'un millier de kilomètres et était vraisemblablement un missile Rodong de portée intermédiaire, selon la même source.

- 250 km des côtes japonaises -

Gen Nakatani a déclaré aux journalistes que le missile s'était vraisemblablement abîmé dans la zone économique exclusive du Japon à 250 kilomètres de ses côtes nord, à 08H05 (23H05 GMT mardi).

Ce lancement intervient deux semaines après le tir par la Corée du Nord de trois missiles balistiques qui, selon Pyongyang, simulaient des frappes nucléaires préventives sur des ports et des aérodromes sud-coréens dans lesquels se trouvent du matériel militaire américain.

Depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier, suivi le 7 février par un tir de fusée généralement considéré comme un essai déguisé de missile longue portée, les tensions ne cessent de s'aggraver dans la péninsule coréenne.

Alors que les résolutions de l'ONU lui interdisent tout programme nucléaire ou balistique, la Corée du Nord progresse, selon les experts, dans ses efforts pour mettre au point un missile intercontinental (ICBM) capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

Pyongyang a menacé le 11 juillet de lancer une "action physique" contre un bouclier antimissiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defence) américain qui doit être déployé en Corée du Sud et que Séoul juge vital pour sa sécurité nationale.

Washington et Séoul avaient annoncé plus tôt être parvenus à un accord sur le déploiement du bouclier antimissiles d'ici la fin de l'année, face à la multiplication des menaces venues de Corée du Nord.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a averti la semaine dernière Pyongyang de "conséquences réelles" pour ses programmes nucléaire et de missiles, qui sont visés par des sanctions internationales.

Les manoeuvres annuelles, dites "Ulchi Freedom", prévues à la fin du mois sont une simulation par ordinateur mais qui mobilisent tout de même plusieurs dizaines de milliers de soldats.

Il s'agit de l'un des nombreux exercices annuels menés par les deux pays et qui sont présentés par Washington et Séoul comme étant à caractère purement défensif.

Pyongyang les considère comme une provocation et les présente régulièrement comme la "répétition générale d'une invasion" de son territoire

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