La convention républicaine secouée par la révolte anti-Trump

19/07/16 à 07:49 - Mise à jour à 08:59

Source: Afp

La convention républicaine s'est ouverte lundi à Cleveland sur une bruyante révolte des "anti-Trump", privant le milliardaire américain, qui divise profondément le parti, d'un sacre dans l'unité.

La convention républicaine secouée par la révolte anti-Trump

© Reuters

Une véritable cacophonie s'est emparée pendant plusieurs minutes de la salle omnisports Quicken Loans Arena où près de 2.500 délégués venus de 50 Etats s'étaient rassemblés. Sifflets, cris: les débats ont cédé la place à un concours de décibels entre partisans et opposants de l'extravagant magnat de l'immobilier.

Les délégués anti-Trump ont manifesté leur mécontentement contre l'adoption d'une motion sans vote. "Un vote! Nous méritons d'être entendus, c'est la convention du peuple !" s'est époumonée Diana Shores, une déléguée de Virginie, debout sur une chaise avec d'autres insurgés.

Donald Trump et celle qui était encore Melania Knauss, en 1999

Donald Trump et celle qui était encore Melania Knauss, en 1999 © Reuters

L'homme d'affaires de New York, qui a créé la surprise en écartant un à un ses 16 rivaux des primaires, était attendu dans la soirée dans la vaste enceinte qui accueille durant l'année les matches des Cavaliers, fraîchement auréolés du titre NBA. Son épouse Melania, un ancien mannequin d'origine slovène de 24 ans sa cadette, et potentielle future Première dame, devait y prononcer un discours très attendu.

'Pas elle !'

En dépit des sondages négatifs, Nancy Riley, déléguée de Floride, croit elle dur comme fer à la victoire de "Donald", le 8 novembre face à la démocrate Hillary Clinton: "Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui n'osent pas dire qu'ils voteront pour lui", explique-t-elle à l'AFP. La perspective de voir une femme accéder pour la première fois à la Maison Blanche ? "Je rêve de voir une femme présidente. Mais pas elle!"

A l'ouverture des débats, le président du parti Reince Priebus avait proposé une minute de silence en l'honneur des policiers abattus "à Baton Rouge, à Dallas et ailleurs".

Le thème politique du jour était la sécurité, aux Etats-Unis et à l'étranger, le fonds de commerce du candidat populiste. "Il est direct, il est fort (...) Il n'hésitera pas à tuer les terroristes", a lancé à la tribune Patricia Smith, mère d'un des quatre Américains tués lors de l'attaque de la mission américaine à Benghazi en 2012.

Plusieurs militaires sont ensuite longuement revenus sur cette attaque pour critiquer la chef de la diplomatie américaine de l'époque: Hillary Clinton. "Nous avons besoin de poigne", avait lancé un peu plus tôt Donald Trump sur Fox News.

Le monde conservateur s'érige en défenseur des forces de l'ordre, impliquées dans la mort de Noirs mais aussi ciblées par des tireurs ces dernières semaines aux Etats-Unis.

Tonalité très différente, au même moment, à Cincinnati, à quelque 400 kilomètres au sud-ouest de Cleveland, où Hillary Clinton, abordait la question des tensions raciales aux Etats-Unis et les drames récents. "Nous avons devant nous un travail difficile, douloureux mais essentiel pour réparer les liens entre nos communautés et notre police", affirmait-elle.

Faible mobilisation dans la rue

A Cleveland, les autorités locales et fédérales ont pris des mesures de sécurité exceptionnelles pour la convention. De nombreuses manifestations y sont attendues. Mais les premières ont rassemblé pacifiquement quelques centaines de personnes, beaucoup moins que prévu.

Les forces de l'ordre étaient déjà inquiètes après les attentats de Paris et Bruxelles, et celui d'Orlando (Floride). La mort le 7 juillet de cinq policiers à Dallas abattus par un ancien combattant américain, l'attentat de Nice jeudi soir et la mort dimanche de trois autres policiers à Baton rouge (Louisiane), tués par un ancien Marine ayant servi en Irak, ont encore ajouté à la tension ambiante.

A l'heure du grand rassemblement républicain, la liste des absents est cependant impressionnante. Les grands noms du parti ne participeront pas à la convention: ni les anciens présidents Bush, ni les anciens candidats du parti à la présidence John McCain et Mitt Romney ne seront là, hérissés par la personnalité de M. Trump.

En dépit des promesses du magnat de l'immobilier, les têtes d'affiche sont peu nombreuses. Et l'attention se portera principalement sur sa famille: outre sa femme, quatre de ses cinq enfants (Ivanka, Tiffany, Eric, Donald Jr) monteront tour à tour à la tribune.

Son discours d'acceptation de la nomination républicaine est prévu jeudi, mais le milliardaire républicain, devancé dans les sondages par Hillary Clinton, pourrait faire des apparitions tout au long de la semaine.

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