La communauté internationale agit enfin en Afrique de l'Ouest mais mal

02/12/14 à 15:11 - Mise à jour à 15:11

Source: Belga

Après avoir tardé à agir pour lutter contre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, la communauté internationale se mobilise enfin mais sa réponse est inadaptée, déplore mardi l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

La communauté internationale agit enfin en Afrique de l'Ouest mais mal

© Reuters

Les Etats étrangers se concentrent sur le financement et la construction de structures de prise en charge des malades, alors que la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, les pays les plus touchés, manquent surtout de personnel formé et de moyens logistiques, soutient MSF.

MSF a commencé son intervention Ebola en Afrique de l'Ouest en mars 2014. L'organisation a rapidement alerté la communauté internationale sur le caractère inédit et hors de contrôle de l'épidémie. Pourtant, il a fallu attendre le mois d'août et l'urgence de portée mondiale décrétée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour que des moyens soient dégagés. Aujourd'hui, l'aide afflue mais en ordre dispersé et sans la flexibilité nécessaire.

"La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone ont des systèmes de soins de santé faibles et deux de ces pays sortent de guerre civile. Ils n'ont pas vu venir l'épidémie d'Ebola, une maladie qu'ils ne connaissaient pas. Leur personnel médical a rapidement été décimé", rappelle Raphaël Piret, le porte-parole de MSF en Belgique.

"Aujourd'hui, les centres médicaux fonctionnent avec un tel sous-effectif qu'on y meurt aussi d'autres maladies comme la malaria ou des suites d'un accident de voiture", relate-t-il. Pourtant, la communauté internationale n'envoie quasiment pas d'experts de la santé sur le terrain. Elle finance ou construit des centres de traitement mais ceux-ci ne sont pas directement opérationnels.

"Cela prend des semaines de former le personnel des ONG et le personnel médical local. Même si MSF et d'autres organisations ont proposé cette formation, ce goulot d'étranglement a été à l'origine d'importants retards", regrette le Dr Joanne Liu, présidente internationale de MSF. "Il est extrêmement décevant que les Etats dotés d'une réponse à des catastrophes biologiques aient choisi de ne pas les déployer", s'indigne-t-elle.

Au-delà des médecins et des infirmiers, les pays contaminés par le virus manquent également de personnel non médical. "Il y a tout un travail de sensibilisation à mener", explique Raphaël Piret. "Il faut aussi assurer le suivi des contacts (la mise sous surveillance des personnes ayant été en contact avec un malade, NDLR) et gérer les funérailles, par exemple. De plus, les pays touchés manquent d'ambulances et d'infrastructures de transport", ajoute-t-il.

MSF pointe en outre l'absence de flexibilité des structures mises en place alors que, par définition, l'épidémie d'Ebola se déplace. "On se trouve dans des pays où les gens circulent beaucoup malgré les mauvaises routes. Le virus a fini par atteindre la capitale du Liberia. Pour répondre à une épidémie de cette taille, il faut instaurer un tas de procédures coûteuses en main d'oeuvre.

L'aide internationale doit s'adapter à ce qui est le plus urgent et mieux se coordonner avec les autorités locales", résume Seco Gerard, membre de la Task Force Ebola de MSF. Selon le dernier bilan de l'OMS, l'épidémie d'Ebola a tué près de 6.000 personnes en Afrique de l'Ouest.

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