L'Union européenne va "encore durcir les sanctions contre le régime syrien"

06/02/12 à 07:53 - Mise à jour à 07:53

Source: Le Vif

Après le veto de Moscou et Pékin contre une résolution soumise au Conseil de sécurité de l'ONU, l'Union européene compterait "durcir les sanctions" contre la Syrie selon Alain Juppé.

L'Union européenne va "encore durcir les sanctions contre le régime syrien"

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L'Union européenne "va encore durcir les sanctions qui sont imposées au régime syrien", a déclaré dimanche Alain Juppé, au lendemain d'un double veto russe et chinois au Conseil de sécurité contre un projet de résolution sur la Syrie. "Nous allons aider l'opposition syrienne à se structurer, à s'organiser, l'Europe va encore durcir les sanctions qui sont imposées au régime syrien et puis nous allons essayer de faire monter cette pression internationale et il y a bien un moment où le régime sera obligé de constater qu'il est totalement isolé et qu'il ne peut pas continuer", a-t-il ajouté, interrogé sur la chaîne BFMTV.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a annoncé ce dimanche que les Etats-Unis allaient travailler à renforcer les sanctions existantes contre le pouvoir syrien et à en établir de nouvelles afin de le priver de financements et de livraisons d'armes. "Nous travaillerons pour obtenir des sanctions régionales et nationales contre la Syrie et pour renforcer celles que nous avons. Elles seront appliquées avec la plus grande rigueur pour assécher les sources de financement et les livraisons d'armes qui maintiennent en vie la machine de guerre du régime", a-t-elle déclaré à la presse lors d'une visite à Sofia.

De son côté, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l'opposition, a affirmé ce dimanche que le double veto de Moscou et de Pékin à une résolution sur la Syrie à l'ONU, donnait au régime un "permis de tuer (...) dans l'impunité". Le CNS juge "irresponsable" le veto opposé par la Russie et la Chine à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie.

Le CNS estime Pékin et Moscou "responsables de l'escalade dans les meurtres et le génocide" en Syrie et souligne que "la volonté d'un pays de préserver ses intérêts ne peut se faire en s'alliant avec une junte sanguinaire et corrompue", en référence au régime du président Bachar al-Assad.

Les veto chinois et russe "n'enlèvent rien au fait qu'il y a un soutien clair de la communauté internationale aux résolutions de la Ligue arabe", estime le secrétaire général de la Ligue, Nabil Elaraby, qui appelle le gouvernement syrien à répondre aux demandes de son peuple.

Le CNS, qui a envoyé une délégation à New York, indique qu'il poursuivra ses efforts politiques "à tous les niveaux", et qu'il portera l'affaire devant l'Assemblée générale de l'ONU pour "obtenir une résolution soutenant le peuple syrien". Il a aussi appelé "les pays arabes et amis à prendre toutes les mesures économiques et diplomatiques" contre les pays ayant bloqué le texte sur la Syrie.
La Chine et la Russie ont opposé leur veto samedi à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie, s'attirant de vives critiques de l'Occident quelques heures après un bombardement meurtrier à Homs.

Selon l'opposition syrienne, le "massacre" de Homs, qui a coûté la vie à plus de 230 civils, est l'épisode le plus meurtrier depuis le début de la révolte en mars 2011.

"La Russie ne peut pas tenir indéfiniment" sur sa ligne de blocage à l'ONU, a estimé le ministre français de la Défense Gérard Longuet ce dimanche sur RTL. "La Russie, pour des raisons à peu près inavouables, bloque tout. (...) Nous avons le devoir, nous européens, de montrer que nous n'accepterons jamais ce régime (syrien). La Russie peut tenir 15 jours, deux mois, mais elle ne peut pas tenir indéfiniment."

"Le chef d'Etat russe, a poursuivi Gérard Longuet, est lui-même soumis aux élections, il est en train de découvrir la démocratie dans son propre pays", a-t-il ajouté, faisant référence à la contestation pro-Poutine en cours en Russie. "Nous sommes en train d'isoler le pouvoir russe. Son opinion n'accepte plus que la Russie couvre un tyran sanguinaire", a-t-il insisté.

Pékin et Moscou se justifient

La Chine et la Russie ont de leur côté tenté de justifier leur position. Pour Pékin, il s'agit d'éviter de "nouveaux troubles et victimes", a affirmé dimanche l'agence officielle chinoise Chine nouvelle. Le veto sino-russe est destiné à permettre "la poursuite de la recherche d'un règlement pacifique de la crise syrienne chronique", a estimé l'agence. "La Russie et la Chine affirment que plus de temps et de patience devraient être consacrés à dégager une solution politique à la crise syrienne", a-t-elle ajouté.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères a estimé ce dimanche que les Occidentaux étaient responsables de l'échec du vote. "A Moscou, on regrette que les auteurs du projet de résolution sur la Syrie n'aient pas voulu faire d'efforts supplémentaires et atteindre un consensus", a déclaré sur son compte Twitter le vice-ministre des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, doit d'ailleurs se rendre à Damas le mardi 7 février afin d'évoquer la mise en place rapide de "réformes démocratiques indispensables". La Russie "a l'intention de faire tout son possible pour une stabilisation rapide de la situation en Syrie via la mise en place rapide de réformes démocratiques indispensables", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Les 13 autres membres du Conseil ont voté en faveur du texte, qui condamnait les "violations flagrantes" des droits de l'Homme par le régime syrien et appelait à une transition démocratique suivant le plan de la Ligue arabe. C'est la deuxième fois que Moscou et Pékin empêchent le Conseil de sécurité de sortir de onze mois de silence, pendant lesquels la répression a fait au moins 6000 morts selon les militants. Leur veto avait bloqué une autre résolution en octobre 2011.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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