L'UE presse le gouvernement turc de respecter les modes de vie des citoyens

08/11/13 à 18:21 - Mise à jour à 18:21

Source: Le Vif

L'Union européenne a pressé vendredi le gouvernement islamo-conservateur turc de respecter le mode de vie de chaque citoyen, en pleine polémique ouverte par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan sur la mixité dans les résidences étudiantes.

L'UE presse le gouvernement turc de respecter les modes de vie des citoyens

© REUTERS

"Plus de démocratie en Turquie signifie plus de respect et de reconnaissance de la diversité de la société turque. Cela signifie aussi plus de respect pour les choix privés et les styles de vie des citoyens", a déclaré le commissaire européen à l'élargissement, Stefan Füle, au terme d'une visite de deux jours sur le sol turc. M. Erdogan a ouvert un nouveau front dans la guerre qui l'oppose aux tenants de la laïcité en remettant en cause, au nom de la morale, la mixité dans les résidences étudiantes.

"Nous n'avons pas autorisé et nous n'autoriserons pas que filles et garçons restent ensemble dans les résidences d'Etat", a-t-il lancé mardi devant les députés de son parti. "Toutes sortes de choses peuvent se produire quand c'est mixte", a-t-il ajouté. Ces propos ont causé une avalanche de critiques, notamment de la part de ses adversaires politiques qui lui reprochent de vouloir "islamiser" la société turque.

"L'issue de ce débat est très importante", a estimé vendredi M. Füle, qui a indiqué avoir évoqué cette question lors de ses entretiens avec les responsables turcs. "J'espère qu'il se conclura d'une façon qui respecte le droit en Turquie, qui respecte les choix privés (...) et aussi les opinions de ceux qui, ici et là, peuvent être légitimement préoccupés", a poursuivi le commissaire européen. Cette polémique intervient alors que l'UE et la Turquie ont ouvert cette semaine un nouveau chapitre des négociations en vue d'une éventuelle intégration dans l'Europe des 28.

Ce processus était gelé depuis trois ans, en raison notamment de la question de Chypre et de l'opposition de plusieurs pays de l'UE, dont notamment la France et l'Allemagne, à une adhésion de la Turquie, un pays à très forte majorité musulmane. "Des progrès dans les négociations d'adhésion et des réformes politiques sont deux faces de la même pièce", a jugé Stefan Füle. "L'ouverture du chapitre 22 a créé un élan. Nous devons le prolonger de telle façon que les discussions d'adhésion restent sur les rails, pour le bénéfice des deux parties", a-t-il ajouté.

Nos partenaires