L'UE prépare des sanctions "autonomes" envers la Corée du Nord

07/09/17 à 08:09 - Mise à jour à 08:28

Source: Afp

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, prépare de nouvelles sanctions en réponse au dernier essai nucléaire de la Corée du Nord, qui viendront compléter les sanctions envisagées à l'Onu, a-t-elle annoncé jeudi à Tallinn.

L'UE prépare des sanctions "autonomes" envers la Corée du Nord

Federica Mogherini © BELGAIMAGE

"Aujourd'hui, je proposerai aux ministres de travailler dans les jours qui viennent à augmenter les sanctions autonomes de l'UE", a-t-elle déclaré en arrivant à une réunion avec les ministres de la Défense, puis des Affaires étrangères de l'UE, en Estonie.

Mme Mogherini a estimé qu'il fallait "renforcer la pression économique sur la Corée du Nord, en soutenant une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'Onu et en adoptant des mesures économiques plus dures", y compris par des sanctions propres à l'Union européenne.

"Notre ligne européenne est très claire à ce propos: davantage de pression économique, plus de pression diplomatique et unité avec nos partenaires régionaux et internationaux", a-t-elle expliqué.

Il faut "éviter d'entrer dans une spirale de confrontation militaire qui pourrait être extrêmement dangereuse non seulement pour la région, mais pour le monde entier", a-t-elle insisté.

L'UE a déjà mis en place un large arsenal de sanctions, à la fois onusiennes et autonomes, contre la Corée du Nord.

Désormais, les Européens envisagent de frapper de sanctions plusieurs secteurs de l'économie nord-coréenne qui permettent encore aux devises d'entrer et donc au régime de financer ses activités nucléaires, comme les ports et la pêche, ou un embargo pétrolier, selon une source diplomatique interrogée par l'AFP.

Une autre option serait de placer sur la liste noire de l'Union européenne le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, ce qui provoquerait un gel de ses avoirs dans l'Union et lui interdirait de voyager ou transiter par son territoire, a précisé cette source.

Les Etats-Unis ont présenté mercredi à l'Onu leur projet de résolution pour de nouvelles sanctions internationales contre le régime isolé, qui propose un embargo sur le pétrole (y compris les produits raffinés et le gaz liquide) à destination de la Corée du Nord et veut empêcher ses exportations de textile.

Les Américains prônent aussi un gel des avoirs de Kim Jong-Un et l'arrêt du financement des expatriés nord-coréens dans le monde, estimés à plus de 50.000 par l'Onu et source importante de revenus pour le régime, selon ce texte obtenu par l'AFP.

La proposition américaine à l'Onu est soutenue par la France et le Royaume-Uni, mais risque de se heurter au véto de la Chine et de la Russie.

Abe appelle à "la plus grande pression possible"

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a appelé jeudi à exercer "la plus grande pression possible" sur le régime de Pyongyang pour le forcer à "abandonner" son programme de missiles nucléaires.

"La communauté internationale doit s'unir pour exercer la plus grande pression possible sur la Corée du Nord", a déclaré M. Abe, lors d'un discours en marge d'un forum économique à Vladivostok (Extrême-Orient russe), auquel il participe avec les présidents russe Vladimir Poutine et sud-coréen Moon Jae-in.

"Nous devons forcer la Corée du Nord à appliquer immédiatement et pleinement toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l'Onu et à abandonner ses programmes nucléaire et de missiles de manière complète, vérifiable et irréversible", a-t-il insisté.

La Corée du Nord a revendiqué dimanche l'essai réussi d'une bombe H, la plus puissante jamais testée par Pyongyang, provoquant un tollé dans le monde entier.

"La Corée du Nord lance un défi évident à la paix, la prospérité, la loi et l'ordre dans la région et même au monde entier", a estimé M. Abe.

Cette déclaration intervient alors les Etats-Unis ont mis en avant mercredi leur projet de sanctions très fermes contre les ambitions nucléaires de la Corée du Nord, avec un embargo pétrolier et le gel des avoirs de Kim Jong-Un, assurant qu'une action militaire n'était pas leur "premier choix".

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