L'UE interdit Laurent Gbagbo de visa sur son territoire

20/12/10 à 13:11 - Mise à jour à 13:11

Source: Le Vif

L'Union européenne a décidé lundi lors d'une réunion d'experts de sanctionner le président ivoirien auto- proclamé Laurent Gbagbo, ainsi que 18 autres personnes de son entourage, en les interdisant de séjour sur son territoire, ont indiqué des sources diplomatiques.

L'UE interdit Laurent Gbagbo de visa sur son territoire

© Reuters

Un accord sur ce sujet a été trouvé à Bruxelles entre des représentants des 27 pays de l'Union européenne, réunis au sein de deux groupes d'experts sur l'Afrique et sur les Relations extérieures, ont précisé ces sources.

Pour pouvoir entrer en vigueur, il doit encore être validé formellement d'ici mercredi en milieu de journée (délai de 48 heures) par les gouvernements européens par le biais d'une procédure écrite. Les capitales doivent confirmer par lettre qu'elles sont bien d'accord.

Le président français Nicolas Sarkozy avait lancé vendredi à Bruxelles un ultimatum à Laurent Gbagbo, l'enjoignant à quitter le pouvoir d'ici dimanche soir sous peine d'être frappé par les sanctions à l'étude au sein de l'Union européenne.

Ces sanctions concernent d'une part des restrictions sur l'octroi de visas, d'autre part des gels d'avoirs. "Dans une premier temps, il a été décidé d'imposer les seules interdictions de visas car c'est plus simple à mettre en place. Les gels d'avoirs viendront mais la procédure est plus lourde", a expliqué un diplomate européen.

En Côte d'Ivoire, des violences ont éclaté entre partisans de Laurent Gbagbo et d'Alassane Ouattara, les deux hommes qui se disputent la présidence depuis le scrutin du 28 novembre. M. Ouattara est soutenu par la communauté internationale, dont l'Union européenne.

50 morts, 200 blessés et des enlèvements

Les violences en Côte d'Ivoire ont fait "ces trois derniers jours plus de 50 morts et plus de 200 blessés", a estimé dimanche la Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, s'inquiétant de "violations massives des droits de l'homme".

Dans un communiqué, Navi Pilay dénonce également nombre d'enlèvements dont ont fait état des "centaines de victimes et membres de leurs familles". Selon les témoignages, ces enlèvements dans les maisons sont commis "particulièrement la nuit, par des individus armés non identifiés en tenue militaire, accompagnés d'éléments des Forces de défense et de sécurité ou de milices".

"Les informations indiquent que les personnes enlevées sont emmenées de force dans des endroits de détentions illégaux où elles sont gardées au secret et sans instruction. D'autres ont été retrouvées mortes dans des circonstances suspectes", poursuit-elle.

Navi Pillay regrette que "la détérioration de la situation sécuritaire du pays et l'entrave à la liberté de mouvement du personnel des Nations unies ont rendu difficile toute enquête sur ces nombreuses violations des droits de l'homme constatées".

Le camp Gbagbo rejette les accusations de l'ONU

Emile Guiriéoulou, ministre de l'Intérieur de Laurent Gbagbo, a rejeté lundi les accusations de "violations massives des droits de l'Homme" en Côte d'Ivoire, portées la veille par le Haut commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Navi Pillay.

"Nous rejetons ses accusations. C'est un rapport partisan", a déclaré M. Guiriéoulou. "Les violences de ces derniers jours ont fait près de 14 tués par balles dans le rang des Forces de défense et de sécurité (FDS)" fidèles à M. Gbagbo, a-t-il affirmé. "Et ceci on ne le dit pas assez".

Dimanche à Genève, Navi Pillay avait affirmé dans un communiqué que les violences contre des partisans du rival de M.Gbagbo, Alassane Ouattara, ont fait "ces trois derniers jours plus de 50 morts". Elle a également dénoncé des "violations massives des droits de l'Homme", évoquant en particulier des enlèvements commis de nuit par des "individus armés non identifiés en tenue militaire", accompagnés par des soldats des FDS et miliciens fidèles à Laurent Gbagbo.

Le Vif.be, avec Belga et L'Express.fr

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