L'ONU vote contre la résolution palestinienne d'accord de paix

31/12/14 à 06:44 - Mise à jour à 08:16

Source: Belga

Le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté la résolution palestinienne portant sur un accord de paix avec Israël par 8 voix pour, deux contre et cinq abstentions, alors que le texte devait réunir 9 voix pour être adopté.

L'ONU vote contre la résolution palestinienne d'accord de paix

Le Conseil de sécurité de l'ONU. © BELGAIMAGE/Kena Betancur

La France, la Chine et la Russie, tous trois membres permanents du Conseil, ont apporté leur soutien à la résolution. L'Australie et les Etats-Unis, proches alliés d'Israël, ont voté contre. Washington avait exprimé son opposition au texte à plusieurs reprises ces derniers jours.

Cinq pays, dont le Royaume-Uni, se sont abstenus.

Le projet de résolution prévoyait un accord de paix d'ici douze mois, et le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017.

Lundi, des modifications avaient été apportées au texte. Les amendements prévoyaient Jérusalem-Est, occupée et annexée, comme capitale d'un Etat palestinien, le règlement de la question des prisonniers palestiniens, l'arrêt de la colonisation israélienne et rappelaient le caractère illégal du mur de séparation.

"Cette résolution encourage les divisions et non un compromis", a déclaré l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power. "Ce texte n'évoque les inquiétudes que d'une seule partie", a-t-elle ajouté.

Lors du vote, les Etats-Unis n'ont toutefois pas eu besoin de recourir au droit de veto que leur statut de membre permanent du Conseil leur confère.

Un veto américain aurait risqué de provoquer la colère des pays arabes alliés des Etats-Unis dans la coalition qui combat les djihadistes de l'organisation de l'Etat islamique en Syrie et en Irak.

L'échec de la résolution palestinienne souligne le besoin urgent de négociations

Le rejet par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution palestinienne portant sur un accord de paix avec Israël souligne le besoin urgent d'une reprise des négociations par les deux parties, a estimé la chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté mardi une résolution palestinienne portant sur un accord de paix avec Israël, au sujet de laquelle les Etats-Unis avaient exprimé leur opposition bien avant le vote.

La résolution a recueilli huit voix pour, deux voix contre et cinq abstentions, alors qu'elle devait pour être adoptée réunir neuf voix, sur les 15 du Conseil.

Le texte prévoyait notamment un accord de paix d'ici douze mois et le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017.

Ce vote "souligne une fois de plus l'urgence d'une reprise de véritables négociations entre les parties et la nécessité pour la communauté internationale de se concentrer sur des résultats concrets" pour parvenir à un accord final, a indiqué Mme Mogherini dans un communiqué.

La France, la Chine et la Russie, tous trois membres permanents du Conseil, ont apporté leur soutien à la résolution. L'Australie et les Etats-Unis, proches alliés d'Israël, ont voté contre. Cinq pays, dont le Royaume-Uni, se sont abstenus.

L'objectif commun est de parvenir à un accord de paix global basé sur deux Etats "vivant côte à côte en paix, en sécurité, et en se reconnaissant mutuellement", selon Mme Mogherini.

"L'Union européenne pense que la définition de paramètres clairs pour les négociations est la clé du succès", a-t-elle ajouté, estimant que cela devrait être "défini sur la base" des principes de la conférence de paix israélo-arabe de Madrid en 1991, notamment l'échange de la terre contre la paix.

"L'UE renouvelle son appel aux deux parties pour une reprise urgente des négociations et (leur demande) d'éviter toute action qui fragiliserait la viabilité de la solution à deux Etats", a-t-elle poursuivi.

L'UE a condamné en particulier le développement des colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, occupée et annexée.

"L'UE va défendre et soutenir aujourd'hui plus que jamais les efforts pour parvenir à un accord durable fondé sur cette vision de deux Etats avec des partenaires internationaux, notamment dans la région", a-t-elle ajouté.

Israël "satisfait" du rejet de la résolution palestinienne

Israël s'est dit "satisfait" mercredi du rejet par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution palestinienne prônant la fin de l'occupation des Territoires palestiniens d'ici deux ans.

"Tout Israélien qui souhaite une paix avec nos voisins ne peut être que satisfait des résultats de ce vote", a affirmé à la radio publique le vice-ministre des Affaires étrangères Tzahi Hanegbi.

Dans la nuit, la résolution palestinienne prévoyant un accord de paix israélo-palestinien d'ici un an et le retrait d'Israël des Territoires occupés avant fin 2017 a recueilli 8 voix alors qu'elle devait en réunir 9 sur les 15 du Conseil, pour être adoptée.

La France, la Chine et la Russie, tous trois membres permanents du Conseil, ont voté pour, l'Australie et les Etats-Unis, proches alliés d'Israël, ont voté contre. Le Royaume-Uni s'est abstenu.

"L'échec de la résolution doit apprendre aux Palestiniens que les provocations et les tentatives d'imposer des mesures unilatérales à Israël ne les mèneront nulle part", a pour sa part estimé le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.

"Ce vote a porté un coup aux efforts (du président palestinien) Mahmoud Abbas pour nous plonger dans l'embarras et nous isoler", a ajouté Tzahi Hanegbi, un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"C'est également une victoire pour l'approche israélienne qui consiste à dire que seules des négociations directes sans conditions préalables peuvent permettre, à supposer que cela soit possible, un compromis historique", a-t-il poursuivi.

Pour un commentateur de la radio publique, "Israël a évité un fiasco, mais il ne s'agit que d'une victoire à court terme" car "les pressions internationales vont se poursuivre".

Les Palestiniens ont prévenu qu'en cas de rejet de leur résolution ils chercheraient notamment à rejoindre la Cour pénale internationale afin d'y mettre en accusation les responsables israéliens pour "crimes de guerre" à Gaza.

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