L'ONU sommée de promouvoir le rôle des femmes en faveur de la paix

13/10/15 à 21:53 - Mise à jour à 21:53

Source: Belga

Des représentantes de mouvements de femmes de RDC, de Libye et d'Irak ont exigé mardi du Conseil de sécurité des actions concrètes pour donner aux femmes une plus grande place dans les négociations de paix.

L'ONU sommée de promouvoir le rôle des femmes en faveur de la paix

Yanar Mohammed, fondatrice d'une organisation de défense des droits des femmes en Irak, Women's Freedom Organization. © EPA/Ali Haider

"Il n'y aura jamais de paix durable sans la participation des femmes", a affirmé Julienne Lusenge, présidente de l'ONG Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral. "Les femmes sont les premières victimes de la guerre mais elles sont la clé de la paix".

Originaire du Nord-Kivu (est de la RDC), elle a déploré que les femmes de cette région aient été écartées des négociations menées en 2013 par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) avec les rebelles du M23, responsables d'atrocités contre les civils et en particulier les femmes.

Le Conseil était réuni, sous la présidence du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy et en présence d'une vingtaine de ministres, pour faire le point quinze ans après l'adoption d'une résolution historique sur le rôle des femmes en faveur de la paix et la sécurité internationales. Cette résolution 1325 de l'an 2000 est encore loin d'être totalement appliquée.

"Après 15 ans de bonnes intentions, il est grand temps de donner aux femmes l'autorité et les outils pour construire un monde meilleur pour tous", leur a lancé Mme Lusenge.

Pour Alaa Murabit, de l'association la Voix des Femmes de Libye, l'ONU "continue de négliger le seul instrument qu'il est plus urgent que jamais d'utiliser: la participation des femmes".

Elle a rappelé leur rôle pour promouvoir "une Libye vraiment libre" après la chute de Mouammar Kadhafi: "alors que les hommes jouaient des coudes pour s'arroger les biens et le pouvoir, ce sont les femmes qui ont commencé à raccommoder ce pays".

Malgré cela, a-t-elle ajouté, "de mon expérience en Libye je retiens que la seule manière efficace d'être admis à des pourparlers de paix est de brandir un fusil".

Yanar Mohammed, fondatrice d'une organisation de défense des droits des femmes en Irak, a dénoncé l'esclavage sexuel subi par des milliers de femmes de l'ethnie yazidie aux mains des djihadistes du groupe Etat islamique. Elle a accusé le gouvernement irakien issu de l'invasion américaine d'avoir encouragé l'extrémisme en menant une politique sectaire et en "refusant aux femmes irakiennes leurs droits".

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