L'ONU appelle Moscou à faire pression sur Damas pour "gagner la paix"

13/12/17 à 22:00 - Mise à jour à 22:00

Source: Afp

Le médiateur de l'ONU pour la Syrie a appelé mercredi le président russe Vladimir Poutine à "avoir le courage" de convaincre le régime syrien d'accepter de nouvelles élections pour "gagner la paix".

L'ONU appelle Moscou à faire pression sur Damas pour "gagner la paix"

Illustration. (Damas) © Reuters

Au cours d'une interview accordée à la télévision publique suisse RTS, Staffan de Mistura a estimé qu'une victoire militaire n'était pas "suffisante", comme l'a montré, a-t-il dit, le chaos qui a suivi en Libye la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Après la victoire militaire déclarée par le président Poutine en Syrie, "il faut, immédiatement après, un processus politique qui inclut tout le monde pour avoir une nouvelle Constitution et de nouvelles élections", a-t-il affirmé.

Ces deux questions sont au coeur de la huitième session de pourparlers organisés depuis le 28 novembre par le médiateur à Genève entre l'opposition syrienne et le gouvernement de Damas.

M. Poutine "doit convaincre le gouvernement qu'on n'a pas de temps à perdre", a poursuivi M. de Mistura. "On peut penser avoir gagné une guerre territoriale, c'est temporaire, mais il faut gagner la paix et pour ça, il faut avoir le courage de pousser le gouvernement à accepter une nouvelle Constitution et de nouvelles élections avec l'ONU."

Interrogé sur le déroulement de ce 8e round, qui doit s'achever jeudi, le médiateur a insisté sur le fait que "l'ONU et Genève sont les seuls lieux mandatés par le Conseil de Sécurité".

Montrant une carte de la Syrie avec les différentes zones tenues par le régime, les rebelles et les djihadistes, il a souligné que "si on ne trouve pas une paix rapidement, le danger c'est la fragmentation de la Syrie". "Personne ne le veut", a-t-il dit.

M. de Mistura a organisé sept cycles de pourparlers à Genève depuis 2016, sans résultat. La délégation du régime refuse de discuter face à face avec les représentants de l'opposition, auxquels elle reproche d'exiger le départ du président syrien Bacha al-Assad comme condition préalable à toute solution politique.

Le président Poutine a de son côté organisé des discussions parallèles en Russie avec l'Iran, autre allié de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles.

Il souhaite maintenant réunir plusieurs centaines de Syriens de tous bords au début de l'an prochain pour un "Congrès du dialogue national" syrien à Sotchi, sur les bords de la mer Noire. L'opposition représentée à Genève n'a pas encore décidé de sa participation.

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