L'OIT envoie une délégation enquêter au Qatar

10/11/15 à 20:03 - Mise à jour à 20:03

Source: Belga

L'Organisation internationale du travail (OIT) a décidé mardi d'envoyer une mission au Qatar pour enquêter sur les conditions des ouvriers qui construisent les stades du Mondial 2022, une décision rarissime, a indiqué à l'agence Belga Luc Cortebeeck, vice-président de l'agence Onusienne.

L'OIT envoie une délégation enquêter au Qatar

© AFP

Depuis plusieurs années, de nombreuses organisations dénoncent les conditions de travail des ouvriers sur les chantiers de construction des stades destinés à accueillir la Coupe du Monde de football 2022. La Confédération syndicale internationale évoquait déjà en 2013 la moyenne d'un mort par jour sur ces chantiers au Qatar.

L'OIT s'intéresse aussi au dossier depuis un certain temps, mais les contacts n'ont rien donné jusqu'à présent, explique M. Cortebeeck, ancien président de la CSC. Le vote qui a mené à la décision d'envoyer une mission au Qatar est une première depuis 1991.

"L'étau se resserre, le Qatar ne peut plus continuer comme ça", affirme le vice-président de l'OIT. Les conditions dans lesquelles sont enrôlés des Népalais et des Pakistanais notamment confine à "l'esclavage moderne", poursuit-il. "C'est du travail forcé. Une récente modification de la réglementation n'a rien changé à la situation."

Selon M. Cortenbeeck, 85% des travailleurs au Qatar, soit 1,5 million de personnes, sont étrangers. Ils proviennent principalement d'Afrique et d'Asie. Ils sont "achetés", se voient subtiliser leur passeport et entassés dans des baraquements.

Les pays européens, les Etats-Unis, le Canada, la Russie, les représentants des travailleurs et la plupart des représentants des employeurs ont voté en faveur de cette "mission de haut niveau". Au total, 35 pays ont voté pour, 13 contre et sept se sont abstenus. Le Qatar a notamment été soutenu par les pays arabes.

Le dossier reviendra à l'agenda des instances dirigeantes de l'OIT en mars, avant de faire éventuellement l'objet d'une commission d'enquête. Les cas précédents concernaient entre autres le Belarus, le Myanmar ou encore le Zimbabwe.

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