"L'Occident a donné le signal à la Syrie, à la Russie qu'il n'a pas le courage de défendre les gens"

18/03/14 à 19:06 - Mise à jour à 19:06

Source: Le Vif

Si l'Union européenne et le reste de la communauté internationale avait adopté il y a trois ans l'attitude "correcte" par rapport à la guerre civile en Syrie, la situation serait tout autre aujourd'hui. Plus encore: "peut-être qu'il n'y aurait même pas de crise en Crimée", a affirmé mardi Guy Verhofstadt.

"L'Occident a donné le signal à la Syrie, à la Russie qu'il n'a pas le courage de défendre les gens"

© Reuters

Selon le chef de groupe libéral au Parlement européen, l'Occident "a donné le signal en Syrie, à la Russie et à d'autres pays comme l'Iran, qu'il n'a pas le courage de défendre les gens qui se battent pour la démocratie et les droits de l'homme".

Guy Verhofstadt a donné une conférence de presse au Parlement, aux côtés d'Ahmad Jarba, le chef du mouvement d'opposition syrien reconnu par l'UE le Conseil national syrien.

Alors que le conflit croissant en Crimée semble repousser la Syrie au second plan, Ahmad Jarba a affirmé que l'Europe "a certainement le temps de consacrer aussi de l'attention à la Syrie". "Nous espérons qu'une issue positive en Crimée ait des conséquences positives pour la Syrie", a-t-il ajouté.

Selon Guy Verhofstadt, il doit être possible de convaincre au Conseil de Sécurité la Russie de la nécessité d'une nouvelle résolution sur la Syrie -malgré les oppositions géopolitiques actuelles.

Il soutient la demande de l'opposition d'un texte qui plaide pour des corridors humanitaires dans le pays, qui affirme que l'aide humanitaire doit aller directement à la population touchée et qui demande que tous les combattants étrangers quittent la Syrie. La Russie peut être ralliée à une telle résolution, estime Guy Verhofstadt. "Cela doit désormais être la priorité de la diplomatie internationale."

Pour le Belge, l'approche a été erronée ces trois dernières années. "Si l'UE était était intervenue à l'été 2011, nous ne serions pas ici à parler des plus de 150.000 morts et de la plus grave crise humanitaire au monde."

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