L'Italie s'indigne de la "croisade" de Ségolène Royal contre le Nutella

17/06/15 à 16:23 - Mise à jour à 16:23

Source: Belga

Plusieurs responsables et médias italiens volaient mercredi au secours du Nutella, produit "d'excellence italienne", accusé mardi par la ministre française de l'Ecologie Ségolène Royal de contribuer à la déforestation.

L'Italie s'indigne de la "croisade" de Ségolène Royal contre le Nutella

© Image Globe

La sortie de la ministre française, selon qui l'huile de palme contenue dans le Nutella est à l'origine de "dégâts considérables" à l'environnement, a été qualifiée de "déconcertante" par son homologue italien Gian Luca Galetti. "Que Ségolène Royal laisse les produits italiens tranquilles. Ce soir au menu: pain et Nutella", a réagi le ministre dans un tweet.

L'épouse du chef du gouvernement Matteo Renzi, Agnese Renzi, a elle aussi implicitement apporté son soutien au producteur italien en se rendant mercredi au "Nutella Concept Bar" à l'Exposition universelle de Milan.

Le groupe Ferrero, qui produit le Nutella, est l'un des principaux "partenaires officiels" de l'Expo-2015, organisée sur le thème de l'alimentation. Accompagnée de sa fille, Mme Renzi a ostensiblement commandé et mangé une crêpe au Nutella et à la chantilly, ont rapporté les médias italiens.

Michele Anzaldi, député du parti démocrate, a dénoncé un "dérapage vilain et grave de la France sur l'excellence italienne", en notant que Ferrero s'était publiquement engagé à n'utiliser que de l'huile de palme "certifiée 100% durable". "Que Ségolène Royal s'excuse", a-t-il tweeté.

La presse italienne n'est pas tendre non plus: "On ne sauve pas la forêt en boycottant le Nutella", titre en Une le très sérieux quotidien des affaires Il Sole 24 Ore, qui fustige une "croisade" et estime que Mme Royal se porte ainsi "candidate à la bévue de l'année".

"En boycottant le Nutella, on ne ralentirait pas la consommation d'huile de palme et on ne reconstituerait pas la forêt tropicale (...). Si tout le monde cessait d'utiliser l'huile de palme et que les plantations de palmiers étaient remplacées par des arachides, du coton ou des asperges, l'environnement ne s'améliorerait pas d'un iota", assure le journal.

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