L'Irlande s'excuse pour l'exploitation de plus de 10.000 femmes dans des laveries religieuses

06/02/13 à 17:01 - Mise à jour à 17:01

Source: Le Vif

Le Premier ministre a présenté des excuses aux milliers de femmes -tombées enceintes hors mariage ou jugées "immorales"- victimes de mauvais traitements dans les laveries des "couvents de la Madeleine" entre 1922 et 1996.

L'Irlande s'excuse pour l'exploitation de plus de 10.000 femmes dans des laveries religieuses

© epa

Un volet tragique de l'histoire récente de la très catholique Irlande resurgit subitement cette semaine: le Premier ministre Enda Kenny a présenté mardi des excuses aux milliers de femmes victimes de mauvais traitements pendant des décennies, dans les laveries des "couvents de la Madeleine" destinées aux filles dites "perdues".
Entre 1922 et 1996, plus de 10 000 d'entre elles ont travaillé gratuitement dans des laveries exploitées commercialement par des religieuses catholiques. Les pensionnaires étaient des filles tombées enceintes hors mariage, ou au comportement jugé immoral dans ce pays à forte tradition catholique. Leur histoire a inspiré le film les Magdalene Sisters, sorti en 2002.

S'exprimant au Parlement à l'occasion de la publication d'un rapport sur l'implication de l'État dans ces institutions, le Premier ministre s'est adressé "aux résidentes qui se sont retrouvées aux laveries de Madeleine ("Magdalene launderies") par divers biais, dont 26% en raison d'une intervention ou d'une implication de l'État". "Je suis désolé pour ces personnes qui ont vécu dans un tel environnement", a-t-il dit.

Une Irlande "sévère et intransigeante"

Le rapport a été rédigé sous la direction du sénateur Martin McAleese, mari de l'ancienne présidente irlandaise Mary McAleese, chargé de cette enquête en juillet 2011. Quatre ordres religieux géraient ces laveries de Marie-Madeleine, qui ont fonctionné dans une "Irlande sévère et intransigeante", selon les termes du Premier ministre.
Enda Kenny a indiqué que l'État devait fournir "le meilleur soutien possible" à ces femmes dont entre 800 et 1000 sont, selon lui, encore en vie. Il n'a toutefois pas évoqué précisément la mise en place d'un mécanisme transparent d'indemnisation, que les survivantes réclament.

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