L'Iran rejette le rapport de l'AIEA... et ouvre la voie à la discussion

09/11/11 à 19:30 - Mise à jour à 19:30

Source: Le Vif

L'Iran, qui rejette les accusations de l'AIEA sur son programme nucléaire, se dit "prêt pour des pourparlers utiles et positifs", mais menace de riposter en cas d'attaque israélienne. Washington, Paris, Berlin et Londres veulent un durcissement des sanctions. En Israël, la perspective d'une attaque contre Téhéran "s'éloigne".

L'Iran rejette le rapport de l'AIEA... et ouvre la voie à la discussion

© Reuters

Polyphonie ou cacophonie ? L'Iran est "prêt pour des pourparlers utiles et positifs" sur son programme nucléaire sur la base de l'"égalité et du respect", selon le porte-parole des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast, ce mercredi. Auparavant, les autorités avaient indiqué que l'Iran n'abandonnerait "jamais" son programme nucléaire, et menacé Israël de "destruction en cas d'attaque. Téhéran réagissait au rapport très critique à son égard publié mardi par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Celui-ci indiquait que Téhéran a travaillé à la mise au point de l'arme atomique en dépit de ses dénégations répétées.
"Nous avons toujours dit que nous étions prêts pour des pourparlers utiles et positifs", a dit Ramin Mehmanparast à la chaîne iranienne Al-Alam. "Cependant, comme nous l'avons plusieurs fois répété, la seule condition pour garantir le succès des discussions est que nous entamions les négociations sur un pied d'égalité et dans le respect des droits des nations", a-t-il souligné.

Un peu plus tôt, le chef d'état-major adjoint des forces iraniennes, le général Massoud Jazayeri, avait menacé Israël de "destruction" si ce pays attaquait ses installations nucléaires, ajoutant que la riposte iranienne "ne serait pas limitée au Proche-orient". "Le centre nucléaire israélien de Dimona est le site le plus accessible que nous pouvons viser, et nous avons des capacités encore plus importantes. A la moindre action d'Israël contre l'Iran, nous verrons sa destruction", a averti le général Jazayeri cité par la télévision iranienne en arabe Al-Alam. Le président israélien Shimon Peres avait averti dimanche de "la possibilité d'une attaque militaire contre l'Iran".

De son côté, le représentant iranien auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a proclamé que l'Iran "n'abandonnerait jamais ses droits légitimes" mais en "pays responsable" continuerait à "respecter ses obligations dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire", qui prévoient la supervision de ses activités par l'AIEA.

Une réponse coordonnée avec la Chine et la Russie?

Le représentant iranien, a accusé le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, d'avoir agi de façon "partiale, politique et non professionnelle" en entérinant la publication "de fausses accusations d'un petit nombre de pays incluant les Etats-Unis". Téhéran "ne laissera pas sans réponse cette erreur historique" du chef de l'agence onusienne, a averti Ali Asghar Soltanieh. Il a ajouté que Téhéran avait l'intention de coordonner sa "réponse" avec d'autres Etats membres opposés à la publication de ce rapport, notamment la Russie, la Chine et les pays de Mouvement des non alignés.

Mardi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait lui aussi rejetté par avance les accusations sur le programme nucléaire iranien: "Les Etats-Unis, qui possèdent 5.000 bombes atomiques, nous accusent avec impudence de fabriquer l'arme atomique, mais ils doivent savoir que si nous voulons couper la main qu'ils ont étendu sur le monde nous n'aurons pas besoin de la bombe atomique", avait-il déclaré selon le site de la télévision d'Etat.

Pas de nouvelles sanctions pour Moscou

Moscou a annoncé mercredi qu'il ne ne soutiendrait pas de nouvelles sanctions: "Toute sanction supplémentaire contre l'Iran sera interprétée dans la communauté internationale comme un instrument pour changer le régime à Téhéran. Une telle approche est inacceptable et la partie russe n'examinera pas des propositions en ce sens", a déclaré ce mercredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov.

Dans le même temps, Pékin a réitéré sa position: La Chine demande ce mercredi à l'Iran de faire preuve de "souplesse" et de "sincérité" avec l'AIEA, mais rappelle que le problème du nucléaire iranien doit être résolu par "le dialogue et la coopération".
Le scénario d'une attaque israélienne s'éloigne
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé ce mercredi la communauté internationale à "arrêter la course de l'Iran vers l'arme nucléaire", tandis que le président de la commission de la Défense du Parlement Shaoul Mofaz a, comme le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman, prôné des "sanctions paralysantes contre l'Iran". "L'option militaire est la dernière possible et la pire, mais elle doit rester sur la table prête à l'usage".
La "sévérité sans précédent" du rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le programme nucléaire iranien éloigne pour le moment le scénario d'une attaque israélienne contre l'Iran, ont commenté mardi soir deux chaînes de télévision israéliennes. Ce rapport va permettre à Israël d'attendre "quelques semaines ou quelques mois" afin de voir si la communauté internationale se décide à prendre des "sanctions paralysantes" visant notamment le boycott total de la Banque centrale iranienne ainsi que des exportations de pétrole, ont indiqué les chaînes de télévision.

Les Occidentaux veulent durcir les sanctions

Après la publication du rapport de l'AIEA, les Etats-Unis ont prévenu qu'ils allaient augmenter la pression sur l'Iran et peut-être réclamer de nouvelles sanctions. Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a de son côté estimé que la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU "s'impose", Tandis que Berlin milite aussi "dans le sens de nouvelles sanctions", mais écarte "toute discussion sur une éventuelle option militaire" a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. David Cameron a quant-à lui précisé que des "mesures supplémentaires" contre Téhéran étaient en discussion.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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