L'Iran porte plainte contre Barack Obama pour "chantage nucléaire"

14/04/10 à 14:51 - Mise à jour à 14:51

Source: Le Vif

Le représentant iranien, Mohammad Khazaï, a déposé une plainte mardi à l'ONU. Son gouvernement s'oppose à la nouvelle doctrine nucléaire des Etats-Unis.

L'Iran porte plainte contre Barack Obama pour "chantage nucléaire"

© EPA

L'Iran ne compte pas se faire marcher dessus par les USA. L'Irna, l'agence de presse officielle iranienne a annoncé aujourd'hui que l'Iran avait porté plainte contre Barack Obama. La nouvelle doctrine américaine, dévoilée le 6 avril, prévoit de ne jamais utiliser l'arme nucléaire contre un pays qui ne la possède pas, excepté contre la Corée du Nord et.... L'Iran.

Dans la lettre transmise aux Nations-Unies, les diplomates iraniens estiment que les "Etats-Unis, de manière illégitime, ont identifié un pays non nucléaire comme une cible de leurs armes atomiques et préparent des plans militaires sur cette base. Les membres de l'ONU ne doivent pas tolérer ou ignorer un tel chantage nucléaire au XXIe siècle"

La Chine privilégie la voie du dialogue


Ce feuilleton qui oppose l'ONU, et particulièrement les forces de l'OTAN, à l'Iran a marqué les négociations du sommet qui vient de se tenir à Washington.

À la sortie, les Etats-Unis affirment avoir obtenu l'aval de la Chine pour des sanctions contre l'Iran. Par la voix de son ministre adjoint des Affaires étrangères, Cui Tiankai, l'empire du Milieu a annoncé avoir pris note des nouvelles propositions tout en privilégiant toujours la voie diplomatique.

Pour Robert Gates, le secrétaire d'Etat américain à la défense, "l'Iran n'a pas encore la capacité nucléaire. Ils continuent de progresser, plus lentement qu'ils ne l'avaient imaginé" a-t-il ajouté. Il considère que le pays des ayatollahs sera doté de l'arme nucléaire d'ici probablement un an ou plus. Les Etats-Unis accusent depuis de nombreuses années le régime de Téhéran de vouloir produire sa propre arme nucléaire sous couvert d'un programme civil.

La diplomatie américaine a d'ailleurs oeuvré pendant deux jours à convaincre les pays opposés aux sanctions d'accepter de contraindre l'Iran à respecter les traités de non-prolifération. Elle a trouvé un nouvel allié de poids dans ce dossier, la Russie. Le président Dimitri Medvedev a salué le "changement d'atmosphère" entre les deux pays. "Nous allons collaborer avec les Etats-Unis sur les problèmes mondiaux les plus importants" a-t-il confirmé.

Le monde "est plus en sécurité"

Les 47 pays participants au sommet se sont entendus pour sécuriser, en quatre ans, les matériaux fissiles susceptibles d'être détournés par des terroristes. Notamment l'uranium enrichi et le plutonium, nécessaires à la confection d'une bombe A.

Parmi les autres mesures phares, les pays signataires devraient centraliser leurs sites et leurs stocks de matériaux nucléaires, convertir les réacteurs utilisant de l'uranium hautement enrichi au combustible d'uranium faiblement enrichi et mettre en place un système d'aide des pays les plus riches vers les plus pauvres. Toutefois, aucun montant ni méthode coercitive n'ont été annoncés.

Barack Obama se dit satisfait des résultats du sommet. Il a affirmé que le monde "est plus en sécurité" à présent. Yves Leterme, le Premier ministre belge, a confirmé la réussite de cet "exercice". Il a particulièrement apprécié la perspective d'un renforcement du rôle de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (IAEA). Plusieurs pays ont annoncé qu'ils contribueraient à un financement supplémentaire de l'agence. La Belgique donnera quelque 300 000 dollars cette année.

Guillaume Bur, avec Belga.

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